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29 janvier 2007
Quel est l'effet de la croissance sur l'environnement ?
La croissance verte est-elle possible ou est-ce une utopie ? Nous avons évoqué cette question dans un précédent billet (Halte à la croissance?) en référence à une thèse américaine qui souligne les dangers de la croissance et préfère l'équilibre au développement de toute activité économique.
Le dernier rapport de l'environnement en France (2006) publié par l'IFEN fournit des chiffres intéressants qui apportent quelques données supplémentaires pour alimenter le débat.
Ces cinq dernières années, la consommation d’énergie finale est quasiment stable :
- Celle des bâtiments à usage professionnel et de l’habitat se stabilise mais à un niveau élevé.
- La consommation de l’industrie, y compris la sidérurgie, continue de diminuer.

D’une manière générale, on constate un découplage entre la croissance du produit intérieur brut (PIB) et les
émissions de CO2 qui s'explique notamment par :
- Un part significative de l’électricité d’origine nucléaire et, dans une moindre mesure du gaz, sources d’énergie moins émettrices.
- L’importance de l’hydraulique et la faible utilisation du charbon.
La France est globalement le bon élève sur le plan environnemental (3ème pays de l'OCDE pour la faiblesse des émissions de CO2 par unité de PIB + 1er producteur européen d'énergie renouvelable). Néanmoins la route reste longue pour atteindre les objectifs ambitieux fixés par l'UE.
A noter également que les investissements dans l'environnement suivent également la bonne tendance :

Télecharger la synthèse du rapport ici
21:45 Écrit par Marc-Antoine Franc dans Chiffres et definitions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : PIB, croissance, CO2, dépenses, émissions, chiffres, rapport |
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Commentaires
3 remarques quand meme :
- les courbes au niveau mondial ne suivent pas cette tendance...
- les émissions se stabilisent, mais à un niveau trop élevé, comme tu le dis... et l'objectif est quand même de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
- les courbes présentent les émissions de CO2, loin d'être le seul gaz à effet de serre (méthane, protoxyde d'azote, ozone sont les autres, en gros). le CO2 représente effectivement 55% de l'effet de serre anthropique à lui seul... mais ca fait une moitié pour les autres gaz....
il n'en reste pas moins en effet que la France tire remarquablement bien son épingle du jeu, notamment grace au nucléaire.
Écrit par : benjamin | 30 janvier 2007
Je complète mon commentaire par un lien vers cette page, hautement instructive...
avant de faire un billet complet sur le sujet ;-)
http://www.manicore.com/documentation/serre/croissance.html
Écrit par : benjamin | 30 janvier 2007
Je rajoute une remarque :
quid des délocalisations de nos industries les plus polluantes ?
Si la France n'a pas généré plus de gaz à effet de serre sur son territoire, elle a peut être contribué à le faire ailleurs. Et là, les courbes et les chiffres sont beaucoup plus difficiles (voire impossible) à trouver.
L'effet de serre est un phénomène global (cf. remarques 1 de Benjamin) mais il est bon de savoir quelles initiatives "locales" fonctionnent mieux (cf. Le nucléaire ? débat).
Pour faire écho à la remarque 3 de benjamin.
N'existe t il pas une "Equivalence carbone" qui permettrait de mesurer la production humaine TOTALE en gaz à effet de serre en ramenant chacun de ces gaz à une unité de mesure unique (TEC ou tonne equivalent carbone). A lire ... "L'avenir climatique" du même Marc Jancocivi (www.manicore.com)
Écrit par : baz | 30 janvier 2007
Pour faire suite à la remarque de baz "quid des délocalisations de nos industries les plus polluantes ?" : tu trouveras des chiffres dans "The Undercover Economist" de Tim Harfod (http://www.amazon.fr/Undercover-Economist-Tim-Harford/dp/0345494016/ref=pd_bbs_sr_1/171-7629241-6317831?ie=UTF8&s=english-books&qid=1176370620&sr=8-1)
Les chiffres semblent montrer que cet effet n'existe pas. Les pays dits développés ne délocalisent pas leurs industries les plus polluantes, principalement parce que ce sont des industries à très haute technologie et très capitalistique donc risquée. Elles restent pour le moment dans les pays stables économiquement et avec une main d'oeuvre très qualifiée. D'autre part, je ne pense pas que les pays en développement (mais c'est mon opinion) se moquent de l'environnement à ce point pour se dire "ok, je vais acheter l'installation la plus pourrie pour mon usine, et la moins chère et la plus polluante". Ces pays veulent le meilleur pour leur pays, y compris pour l'environnement.
Deux commentaires à cette analyse :
- cela ne veut pas dire que certains industries polluantes n'iront pas dans un très proche futur dans les pays en voie de développement. Aujourd'hui la plupart sont encore dans les pays riches (qui restent de loin les plus gros pollueurs).
- cela ne veut pas dire que les pays en fort développement économique ne polluent pas du tout ou très peu (eg : le charbon en Chine).
Écrit par : Matthieu | 12 avril 2007






