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05 octobre 2007
Le Grenelle s'invite à l'Assemblée...
Croissance Verte a pu assister aux plénières de la présentation du rapport des 6 groupes de recherche au parlement (Assemblée le 3 octobre et Sénat le 4 octobre). Ce fut l'occasion pour nous de mesurer les réactions des élus face à ce phénomène un peu particulier au sein d'une démocratie que représente le Grenelle de l'environnement.
L'impression générale est que le Ministère de l'Environnement (MEDAD) peut se féliciter d'avoir su faire travailler de concert des parties prenantes ayant a priori peut de choses en commun. Le travail effectué par les 300 personnes réunies pour l'occasion est colossal et est déjà en soit une petite victoire, un "essai qu'il faudra transformer".
Les premières conclusions, selon le MEDAD gravitent autour des trois points suivants :
- Personne ne détient la vérité absolue : nul ne peut dire avec précision comment sera la Terre d'ici 10, 20 ou 100 ans, et ce malgré les nombreux modèles élaborés pour l'occasion.
- En conséquence de quoi, il n'y a pas de solutions uniques. Si les technologies peuvent aider, elles ne résoudront pas tout, que ce soit au niveau du bâtiment (isolation, habitations à énergie positive, etc.), de l'agriculture (pesticides, etc.), de l'énergie (énergies nouvelles, etc.).
- Toute action menée doit être collective et les sujets doivent être traités dans un même temps, afin de ne pas voir les efforts d'un secteur annulé par la négligence d'un autre.
Enfin, une croissance durable est possible, et un des objectifs du Grenelle est de trouver les méthodes permettant de l'atteindre.

L'Assemblée Nationale : Après une intervention de J-L. Borloo de 40 minutes, différents députés ont pris la parole. Entre autre : Jean Dionis Du Séjour (Groupe Nouveau Centre), Jean-François Copé (UMP), un porte parole du Groupe Socialiste Radical et Citoyen, Patrick Ollier (président de la commission des affaires économiques, de l’environnement et du territoire), Christian Jacob (président de la délégation à l’aménagement et au développement durable du territoire).
En substance, les députés, s'ils s'accordent à saluer la qualité du travail effectué et des résultats jusqu'ici obtenus, s'inquiètent de plusieurs choses :
- Tous ces rapports et ces consultations ne vont-ils pas déboucher sur une sorte "d'inventaire d'opinions" (Du Séjour) rassemblés dans une loi-cadre rédigée dans la précipitation et au final inapplicable ?
- Le Grenelle de l'Environnement se veut un exemple d'action démocratique, mais si le parlement est mis sur la touche, est-ce vraiment le fruit de la Démocratie ? Les députés et sénateurs se doivent de participer pleinement aux prochaines étapes du Grenelle de l'Environnement. Si certaines prises de positions doivent être tranchées, il ne faut pas que cette décision soit supportée par un seul homme (sous-entendu Nicolas Sarkozy, qui se réserve le droit de décider seul en dernier recours).
- "Le citoyen ne doit pas sentir la sortie du Grenelle de l'Environnement comme une sanction" (P. Ollier). Il ne peut se conclure par un package de "taxes vertes" qui réduieraient le pouvoir d'achat du Français et le démotiverait dans son implication à préserver l'environnement.
Outre ces trois points qui ont globalement fédérés les intervenants, M. Du Séjour s'étonne de voir qu'en Allemagne, il y a 1 million d'emploi "verts" de plus qu'en France. Que fait-on ? M. Copé, après avoir relevé le dilemme qui se posait entre taxes et incitations fiscales note qu'il est aberrant de vouloir réduire de 10 km/h la vitesse des voitures quand on sait que les limites actuelles ne sont déjà pas respectées. Les Socialistes Radicaux s'inquiètent de voir le Grenelle de l'Environnement tourner en faveur des entreprises et rappellent qu'en 68, M. Pompidou n'avait pas convoqué le Ministre des Finances aux Accords de Grenelle (à méditer !). M. Cochet quant à lui met en avant que le nucléaire n'assure en rien l'indépendance énergétique de la France (vs. le pétrole) puisqu'il nous faut importer l'uranium. Et d'insister sur l'importance de hiérarchiser les problématiques : si l'environnement touche maintenant l'écosphère, la société humaine et l'économie, il ne s'agit pas de trois sphères d'égale importance. En effet, l'économie est une partie de la société humaine qui est elle même partie d'une écosphère. Il ne faut donc pas prioriser à tord l'économique.
Enfin, ces remarques ayant été notées, il appartient au MEDAD et au Parlement de s'assurer que le Grenelle de l'Environnement ne débouchera pas sur un ensemble de mesures vides. Les délais très courts inciteront certainement à la précipitation, et il est important d'aboutir sur des objectifs et des méthodes viables et applicables par tous (Etat compris !).
14:45 Ecrit par Olivier Teillac dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, assemblee, borloo
Commentaires
J ai suivi en 2006 une formation sur la gestion des forets.Je pense que nous pourrions boiser les bords d autoroute et les espaces libres.Cela represente sur la France des centaines d hectares. Benefices :production de bois (bois d oeuvres,bois de chauffage...) production d environnement (esthetique) fixation de CO2 .Je pense qu il faut avoir une gestion active et productive des espaces vides.
Ecrit par : havegeer | 11 octobre 2007












