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19 octobre 2007
Une chance à saisir
1972. En Janvier, le Club de Rome publie le rapport " Halte à la croissance". En juin, les Nations Unies organisent à Stockholm la première conférence internationale sur l’environnement. En Décembre le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) est lancé. La prise de conscience de la contrainte environnementale et notamment de ses enjeux économiques vient de naitre et la question se pose : faut-il remettre en cause notre mode de développement ? Près d’un quart de siècle plus tard, la question ne se pose plus pour Monsieur Borloo : " Il faut trouver une autre croissance ".
Face à une vingtaine de blogueurs, le ministre de l’environnement et de l’aménagement durable s’est livré mardi 16 octobre avec un certain succès à un exercice difficile : démontrer que le Grenelle de l’Environnement n’est pas seulement un événement médiatique mais une formidable opportunité de faire bouger les choses. Optimiste, le ministre pense que " tout le monde sait" et qu’il s’agit maintenant de savoir "comment passer à l’action". Car, les blocages sont nombreux et la résistance au changement toujours très forte.Ce ne sont pourtant pas les idées ni les moyens qui manquent. L’intégration dans les prix d’une " vérité écologique ", les programmes massifs de rénovations des bâtiments publics, un plan stratégique de développement du ferroutage, la mise en place de nouveaux indicateurs et la définition d’un nouveau PIB vert, le soutien à la recherche dans les nouvelles énergies et les technologies vertes, la défense de la biodiversité... le catalogue de mesures rapidement évoqué par Monsieur Borloo ne cesse de s’élargir. Si certaines positions, comme l’accélération sans équivoque du nucléaire et le maintien de l’ambiguïté sur les OGM, continuent de faire largement débat et de créer des tensions au sein des participants du Grenelle, on doit admettre un premier constat de réussite : les intervenants se parlent !
Il y a un an, qui aurait parié sur une telle consultation de toutes les parties prenantes ? Certes, le Pacte Ecologique de Nicolas Hulot et le dernier rapport du GIEC ont contribué à préparer les esprits et jamais l’environnement n’avait eu un tel écho dans une campagne présidentielle. Mais, le Grenelle ne pourra réussir sans une adhésion pleine et entière de la population. "c’est toute la chaîne qui doit bouger". Même si, ne l’oublions pas, c’est d’une volonté politique déterminée dont le gouvernement devra faire preuve.
Les difficultés s’annoncent déjà et tout le monde attend les conclusions de ce Grenelle avec autant d’impatience que d’exigences (qui paraissent souvent contradictoires). Les parlementaires et les Sénateurs veulent s’assurer qu’on ne les oublie pas. La commission européenne suit le dossier de près. Le parti de la majorité exprime son inquiétude. Les lobbies industriels, les syndicats et les organisations non gouvernementales vont se battre pour continuer à se faire entendre. Il va falloir trancher entre les intérêts de chacun. Le chef de l’Etat doit clôturer le processus du Grenelle. C’est logiquement lui qui devra arbitrer en dernier recours mais Mr Borloo semble rester délibérément vague sur le sujet et rappelle à juste titre qu’en définitive ce sont les citoyens consommateurs qui feront les choix importants.
En revanche, il n’hésite pas à attirer l’attention sur la vraie difficulté qui s’annonce. Comment mettre durablement la société en mouvement ? L’enjeu est de taille : maintenir sur le long terme la tension qui règne actuellement sur les sujets environnementaux. S’il faudra trouver le ton juste pour éviter l’écueil de la culpabilisation moralisatrice, il faudra aussi que l’Etat s’engage honnêtement à montrer l’exemple. Le plus important sera néanmoins de faire preuve de pédagogie et de patience : l’Etat ne peut pas tout. C’est le comportement de chacun qui fera la différence.Ce « Grenelle » est une initiative inédite dans le monde et à ce titre, elle est observée avec attention. La France entière doit se saisir du sujet pour en faire une valeur d’exemple. Et, au dela des mesures, pourquoi ne pas évoquer un nouveau projet de société ? Le combat pour l’environnement a la même portée humaniste et universelle que celui pour les droits de l’Homme. Nous avons les ressources, les idées et les technologies qu’il faut pour "prendre un coup d’avance ". Ne gâchons pas notre chance . En 1972, la société n’était pas prête. Aujourd’hui, nous n’avons plus d’alternative !
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Ils étaient présents et ils ont leur point de vue
Ecoloinfo
Fdmai
Thegreenpostbox
Crédits photos : o.t.
23:50 Ecrit par Olivier Bazin dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, borloo, environnement, ONG, écologie, économie, blog












