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09 janvier 2008

Les biocarburants chahutés même à l’ère du pétrole cher

Difficile de se réjouir d’un prix du brent aussi élevé lorsque les consommateurs sont les premiers à pâtir de l’inflation qui va avec. Seulement la hausse du prix du pétrole accélère mécaniquement le développement des énergies renouvelables et, dans le cas présent, des biocarburants pour le transport : le bioethanol à base de cultures céréalières ou sucrières (maïs, canne à sucre,…) ou le biodiesel à base de plantes oléagineuses (colza, soja, palme…). Même avec une part de marché encore faible (entre 1 et 2% de la consommation totale) les volumes de production explosent dans tous les grands pays du monde, tirés par des politiques de soutien à la filière en Europe (objectif : 10% en 2020), aux USA (production multipliée par 5 d'ici 15 ans), au Brésil,…

Evolution de la production de biocarburants dans le monde, en MT

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Mais les menaces pèsent de plus en plus sur les biocarburants et l'année risque d'être mouvementée sur ce secteur.


Une réputation qui s’érode

Malgré (ou à cause de) ce succès, les biocarburants commencent à avoir mauvaise presse : on les accuse notamment (et à juste titre) d’être responsables de la déforestation au Brésil et en Asie du Sud Est au profit des cultures de soja et de palmier à huile respectivement. En concurrence avec les cultures alimentaires, elles entrainent également la hausse du prix du maïs ou du blé qui ont augmenté de 40 à 60% pendant l’année 2007 atteignant des montants proches des niveaux records et mettant le couteau sous la gorge des pays (pauvres) importateurs.

Des politiques de soutien remises en cause

Les politiques d’incitation fiscales ou de subvention agricoles particulièrement onéreuses sont remises en cause dans de nombreux pays, pourtant gros producteurs : l'Allemagne a décidé de mettre fin aux privilèges fiscaux sur le biodiesel et la France prévoit également de réduire les siens. Un passage difficile à l’âge adulte pour les énergies vertes.

La course à l’innovation se poursuit

Convaincus que les carburants de substitution au pétrole restent incontournables pour les décennies à venir, industriels et investisseurs cherchent à développer et soutenir les matières premières non alimentaires (comme le Jatropha, le sorgho ou même les algues) et les technologies de transformation qui permettront d’élargir considérablement le périmètre des ressources biomasse disponibles pour la fabrication des biocarburants du futur dits de 2ème et 3ème génération.

Lire le Panorama 2007 de l'IFP sur les biocarburants dans le monde

Commentaires

très bon post, je rajouterai par ailleurs qu'une pétition circule actuellement contre les bio (+)/agro (neutre)/ necro (-)carburants
http://www.moratoire-agro-carburants.com/

Personnellement, je suis pour la poursuite de la recherche sur la 2eme generation d agrocarburants (devrait aboutir vers 2015), à ce propos je vous invite aussi à lire un billet publié sur mon blog
http://gout-vert-nait.typepad.com/druide_avide/2007/12/les-bio-carbura.html

Écrit par : Druide_Avide | 09 janvier 2008

Merci pour ton commentaire. J'aurais 3 remarques :

1. les biocarburants actuels ont eu l'avantage d'ouvrir la voie à une filière de substitution, seule alternative crédible au pétrole. Malgré les conséquences négatives constatées, je ne pense pas qu'un moratoire ne soit ni réaliste, ni même souhaitable

2. l'avenir réside effectivement dans les biocab de 2ème génération. si on peut envisager une distribution commerciale en 2015, ils ne seront vraiment compétitifs qu'à partir de 2020 (10 à 15 années de R&D à rentabiliser!)

3. l'urgence est donc de pousser le contrôle de la filière jusqu'au champ et privilégier les cultures non alimentaires, faibles consomatrices en intrants (eau, engrais) et qui respectent les pratiques agricoles locales (ex : jatropha).

L'ONU doit à ce titre mettre en place des "critères de durabilité" qui devront être imposés aux biocarburants commercialisés sur le marché européen. Une mise à jour de la directive biocarburants étant attendu pour décembre 2007.

http://www.euractiv.com/fr/developpement-durable/groupe-experts-onu-doit-evaluer-durabilite-biocarburants/article-168322

Écrit par : Marc-Antoine | 09 janvier 2008

eh bien on tombe d'accord :) , mais quand je vois dans quoi les USA s'engagent, je me dis qu'il y a de quoi flipper pour l'aide alimentaire mondiale (USA étant le plus gros fournisseur). Personnellement je prefere moins me déplacer plutot que me dire à chaque kilomètre:"un mort de faim", "un mort de faim"...

désolé de faire de la com' pour mon blog mais pour poursuivre sur la voie américaine: http://gout-vert-nait.typepad.com/druide_avide/2007/12/bush-ne-veut-pa.html

Ce n'est pas la dépendance au pétrole que l'on doit réduire, mais celle à l'énergie en général. Face à l'érosion des sols, leur pollution et la désertification...et donc à la baisse du % de surfaces de terres arables exploitables (et l'augmentation de la population bien sûr), je me dis qu'on va finir sur une bonne crise alimentaire mondiale qui n'aura pour fin que d'exacerber des tensions déjà importantes. Et sans parler du coup de pub pour les OGMs, dont je me passerai volontiers..."Science sans conscience n'est que ruine de l'âme" comme dirait l'autre

Écrit par : Druide_Avide | 09 janvier 2008

A ce propos (mieux vaut tard que jamais), la proposition de directive de la Commission Europeenne (sortie le 23 janvier), qui imposerait aux Etats Membres un objectif de 10% pour la part des biocarburants dans les transports est tres interessante, puisqu'elle suggere que les biocarburants doivent satisfaire les criteres suivants :
- des terres qui stockent de grandes quantites de carbone ou qui abritent une biodiversite importante ne doivent pas etre converties pour la production de biocarburants;
- les biocarburants doivent permettre de realiser, sur leur cycle de vie, un niveau minimum de reduction d'emission de gaz a effet de serre par rapport aux carburants classiques (a bas le mais !).

Une bon pas vers la reconnaissance des dangers que les biocarburants peuvent presenter pour le climat ou la biodiversite - mais rien sur les consequences pour les prix des denrees alimentaires.

http://ec.europa.eu/energy/climate_actions/doc/2008_res_directive_en.pdf

Écrit par : Diane | 02 mars 2008

Bioéthanol – ce qu’il coûte et ce qu’il donne

Il faut un peu plus d’un litre d’équivalent pétrole pour produire un litre de bioéthanol.
Ces chiffres s’entendent depuis les labours jusqu’à la dernière distillation.
Il faut un 1,600 litre d’éthanol pour fournir la même quantité d’énergie qu’un litre d’équivalent pétrole.
Où est la bonne affaire ?
Ce n’est pas parce que le monde entier déraisonne qu’on doit refuser tout effort de réflexion, quelle que soit la position sociale ou politique.

Écrit par : TATARD | 11 août 2008


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