« Un marché pour dépolluer ? | Page d'accueil | L’automobile en Inde : quels risques pour l’environnement ? »

14 janvier 2008

Cachez ces déchets que je ne saurais voir

607e8ef9a0344df6ff8c0d7f45f0acc9.jpg"jeter un déchet dans une poubelle est un acte magique"... cette petite phrase peut faire sourire. Elle a pourtant du sens. Lorsque nous utilisons une poubelle, nous libérons notre conscience du poids de notre consommation. Tout se passe comme si la disparition à nos yeux permettait l'oubli de l'esprit. L'actualité vient nous rappeler la dure réalité : la gestion des déchets est une problématique intrinsèque à toute société humaine mais c'est aussi un bon moyen de juger de son niveau de "civilisation". Souvent les images que nous avons en tête renvoient à ces décharges immenses des villes pauvres du tiers monde. A ces chiffonniers de Calcutta à Rio en passant par les faubourgs du Caire. Mais c'est l'Italie qui se retrouve aujourd'hui en ligne de mire.


Il y a un an déjà, la cour européenne tapait sur les doigts de l'Italie (et de l'Italie du sud en particulier) pour la remettre sur un chemin plus convenable. Ce pays dont l'art de vivre fait tant rêver était déjà menacé à l'époque d'une véritable catastrophe écologique.Au delà du simple problème politique de la gestion des déchets, on peut noter deux conséquences très intéressantes sur les effets de cette crise.

Premier aspect : l'échec du marché. La prise en charge des déchets est devenue une activité très lucrative. En négligeant cet aspect primordial de la vie publique, les italiens on laissé libre champs à La mafia. Cette dernière, qui ne manque jamais de bon sens marchand, en a fait un marché juteux. La criminalisation d'un secteur qui relève de l'environnement amplifie largement les effets de la crise écologique. Cette tendance de l'individu à tirer parti individuellement d'une situation aux conséquences souvent néfastes collectivement ne rassure pas dans la capacité du marché à résorber seul les excès de notre société de consommation. Aujourd'hui, c'est le déchet... demain ce seront les traffics de pétrole et d'eau potable...

Deuxième aspect :  La résurgence rapide de la violence et de l'égoïsme. Rappellons ici le principe du passager clandestin. Celui çi emprunte le train sans payer car il fait hypothèse que les autres vont payer pour lui. Il refuse le coût d'un service qui n'existerait pas si tout le monde imitait son comportement. Transposer à l'environnement... c'est la resurgence rapide et presque naturelle d'un ressentiment de ceux qui payent face à ceux qui ne payent pas. La violence a donc fait son apparition en Italie, un pays qui souffre historiquement d'un manque de cohésion nationale au profit d'un échelon régional très dominant (avec notamment une cassure nette entre le sud et le nord).

Le problème des déchets est symptomatique de ce que notre démocratie s'apprête à affronter si elle ne prend pas la mesure des défis que l'environnement lui lance. L'économie doit être recentrée sur de nouvelles priorités - réparer, conserver, préserver - sous peine d'être mise sous pression par des organisations criminelles qui n'auront pas les même atermoiments. Enfin et surtout, la paix et le progrès ne sont pas des acquis mais des combats permanents. Le retour à la barbarie est souvent plus proche qu'on ne l'imagine. La tension sur les ressources écologiques se traduira à terme par des tensions humaines dont les conséquences pourraient être bien plus néfastes et dramatiques que la crise climatique et écologique qui s'annonce.

Commentaires

je vous remercie pour ce site

Ecrit par : mutuelle | 21 janvier 2010

Merci pour l'article.

Ecrit par : Assurances | 04 mars 2010


Écrire un commentaire