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04 février 2008
Paris écologique
Eric Le Boucher est un chroniquer de l'économie au Monde. Dans un article polémique dont il a le secret, il s'inquiète du déclin de Paris dans la compétition mondiale que se livrent les grandes métropoles modernes. Selon lui, il y a urgence pour rendre plus attractive une capitale accusée de devenir une ville musée. Et l'auteur de rappeler "les valeureux efforts des Verts parisiens "pour figer la ville et la vider de ses entreprises". L'écologie serait-elle contradictoire avec l'essor économique d'une ville comme Paris ? "think global, act local", le bon équilibre est il si difficile à atteindre ?
L'analyse de Monsier Le Boucher consiste à rendre les considérations écologiques responsables de la perte d’attractivité de Paris. C'est oublier un peu vite que le premier facteur de "délocalisation" est le coût de plus en plus élevé des loyers - les entreprises sont de moins en moins propriétaires de leurs locaux. Ce phénomène se retrouve d'ailleurs à l'identique à New York comme à Londres. Cette dernière d'ailleurs est un exemple tout à fait frappant d'une ville qui polarise toute l'économie du pays à son profit en créant un décalage de plus en plus grand entre une capitale trop riche et le reste du pays à l'économie sinistrée.
Ensuite, s'il apparaît de plus en plus nécessaire de revoir une politique urbaine relativement figée - la limitation de la hauteur des constructions notamment - le problème de rayonnement économique de Paris n'en est pas vraiment un. C'est l'attractivité de la France qui pose peut être plus de questions. Pour un pays de 65 millions d'habitants, il est en effet choquant qu'une ville seulement ait une envergure internationale. C'est le développement de Lyon, Toulouse, Bordeaux, Lille ou Marseille qui devrait préoccuper nos économistes, nos journalistes et nos politiques.
"Entre la "ville-musée" et la forcenée de la "compétition mondiale" (pour gagner quoi ?), il doit bien y avoir une place pour une ville plus harmonieuse. Entre le tout-économie et le désert-bobo, il doit bien y avoir une place pour une ville plus chaleureuse. Laissons Londres, New-York ou Singapour gambader allègrement. Qui se plaindra du nouvel essor de nos métropoles régionales ,de Nantes à Toulouse ? Ce qu'on appelle déclin n'est peut-être qu'un juste rééquilibrage."*
L'écologie n'est pas l'ennemie de l'économie. La politique urbaine d'une grande capitale comme Paris doit s'engager sur les dix ou vingt prochaines années. La lutte contre l'étalement urbain, la remise en cause du "tout automobile", la multiplication des offres de transports en commun ou mutualisés... Une capitale plus écologique c'est une ville mieux armée pour répondre aux défis économiques de demain.
* commentaire d'un lecteur du Monde.fr
11:30 Ecrit par Olivier Bazin dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, transports, écologie, ville, politique
Commentaires
Le problème n'est pas Paris mais la banlieue. Comme le financement d'une offre de transports en commun en hors de portée de l'économie française, publique comme privée, la seule chose à faire est de ramener les habitants de banlieue dans Paris - ce qui suppose de faire s'effondrer les prix de l'immobilier en Petite-Couronne.
Sinon, d'accord sur l'analyse : à force de vouloir jouer au néo-libéral, ELB n'est qu'un vieux radoteur.
Ecrit par : Aerobar | 04 février 2008
Eric Le Boucher est en effet un spécialiste des éditos très ...anti écolos.
Sait il qu'en Suède, les émissions de GES ont été réduites depuis 2002 et que la croissance économique est très vigoureuse?...avec au moins 1% de point de croissance attribué aux NTE?
Si les entreprises quittent Paris, c'est ...tout d'abord, à vérifier et ensuite, certainement pour des questions de foncier car les compétences sont bien présentes dans la ville.
Dernier point : pourquoi opposer économie et écologie? C'est certainement rassurant pour Le Boucher d'avoir une grille de lecture du 20ème siècle qui nous empêche d'avancer mais il va bien falloir qu'il se projette dans le 21ème siècle, ce monsieur!
Ecrit par : Grégoire | 19 février 2008












