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21 juin 2008
Tomates et CO2?
Jusqu'ici j'avais tendance à penser que la production de légumes etait assez positive par rapport à celle de viande rouge dans le cadre d'un bilan carbone.
Un entrefilet trouvé sur le site web du groupe Shell me fait douter des evidences:
" Doubling the concentration of CO2 in a greenhouse can increase tomato production by 25%, and in the Netherlands growers run their natural gas heaters in summer expressly to boost CO2 levels. In 2005 the Shell Pernis refinery, spotting the opportunity to turn their CO2 into a useful resource, began capturing the CO2 produced from its hydrogen-making plant for supply to local farmers.
The gas is distributed by a consortium called Organic CO2 Assimilation for Plants. Everyone gains through the solution: the growers save money and energy because it's cheaper and more efficient to buy Pernis CO2 than to use gas heaters to produce their own; and the refinery cuts its emissions. The total emission reduction is approximately 325,000 tonnes of CO2 a year."
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12:54 Ecrit par Hélène Le Teno dans Technologies | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
Commentaires
Qu'il doit y avoir une ENORME erreur quelque part.
En supposant que seul le carbone est capturé par les plants de tomates situés près de cette raffinerie, cela signifierait que ces derniers captureraient 100 millions de tonnes de carbone. Or la production MONDIALE de tomates est également estimée à 100 millions de tonnes. Il y a donc un problème évident d'ordre de grandeur.
Il est fort probable que seule une infime partie des 325 kt de CO2 libérés par cette raffinerie soient effectivement capturée par les plants de tomate : le reste doit gentiment s'échapper.
Quant au carbone capturé, il finit de toute façon par être libéré, soit lors de la consommation des tomates, soit lors de la dégradation naturelle des plants épuisés.
C'est donc une arnaque complète, un "greenwashing" de plus pour faire croire qu'en branchant une raffinerie sur une serre, on résout la question des émissions de CO2.
Ecrit par : Aerobar | 22 juin 2008
Pour info, la charmante raffinerie de Pernis se trouve au milieu du Mordor européen, à savoir l'endroit où l'on émet le plus de CO2 en Europe : http://aerobarfilms.over-blog.com/article-18078080.html
Ecrit par : Aerobar | 22 juin 2008
D'une manière générale, toute information, en matière d'écologie et provenant d'un groupe pétrolier, peut-elle être prise au sérieux ? Quand Shell me parle de bilan carbone, c'est un peu comme si BMW me parlait vélo... j'ai du mal à faire confiance à la source !
Ecrit par : Benoit | 23 juin 2008
Quand bien même ces chiffres seraient fiables, je pense que la comparaison avec la viande (de bœuf notamment) ne tient pas !
On connaît les coûts carbones de l'élevage : production de méthane, déforestation, surface agricole dédiée à la nourriture du bétail, transport, conservation (chaine du froid gourmande en énergie)...
Même shootées au CO2 les tomates restent plus légères en carbone.
On n'évoquera pas ici non plus l'influence sur la qualité et le goût des tomates...
Greenwashing perfide qui prend en otage une idée à la base intéressante...
Ecrit par : Olivier Bazin | 23 juin 2008
je ne comprends pas bien le problème : il est effectif que le bilan carbone de la tomate est meilleur que celui des bovins... et l'article le dit bien : les tomates CAPTURENT le CO2 qu'on met dans la serre... elles le transforment en "matière organique" comme toutes les plantes... je suis bien d'accord avec la notion de goût etc... mais en ce qui concerne le bilan CO2, il est largement positif : non seulement les producteurs de tomate n'ont plus à brûler du combustible pour produire le CO2 dans la serre, mais la raffinerie ""exporte" son CO2... bref, excepté pour le gout, c'est positif pour tous les acteurs...
Ecrit par : alain Cimino | 24 juin 2008
Voici un lien du Guardian sur un sujet assez proche: tomates, supermarches et CO2.
Visiblement, la confusion regne aussi.
http://blogs.guardian.co.uk/climatechange/2008/01/supermarket_goes_green_with_to.html
Ecrit par : Helene | 24 juin 2008
Huum, cela reste tout de même très moyen, faire pousser des tomates grâce aux déchets industrielle, on est un peu dans de la science fiction genre années 80.
Ecrit par : GUI-Home | 07 juillet 2008
Aerobar,
Il y a une erreur dans ton calcul, il s'agit de 100,000 tonnes de carbone et non 100 million. C'est encore beaucoup au regard de la production mondiale de tomates (merci pour cette statistique), mais il faut surement generer beaucoup plus de CO2 pour accelerer la croissance des tomates que ce qui est in fine absorbe par les tomates.
Quant a ta remarque "Quant au carbone capturé, il finit de toute façon par être libéré [..] lors de la consommation des tomates", certes, mais il faut bien qu'on mange quelque chose ! (et ce qui est sur, c'est que c'est mieux de que de manger du boeuf).
Finalement, pour ce qui est de l'utilisation de dechets industriels, l'article du Guardian (qui est autrement plus du greenwashing que le statement de Shell) mentionne que le CO2 est "nettoye" par un catalytic converter, mais de toutes facons, l'air "naturel" est pollue aussi, et ca n'empeche que les tomates cultivees "naturellement" (sic) sont comestibles quand meme.
C'est vraisemblablement sain de lire avec un certain degre de scepticisme les annonces ecolos des industriels (a fortiori des petroliers, qui nous ont fait le coup du "you call it pollution, we call it life" il n'y a pas si longtemps), mais il ne faut pas tomber dans la paranoia non plus. Ca va pas changer le monde, comme chantait Joe Dassin, mais l'idee d'utiliser le CO2 de la raffinerie pour favoriser la croissance des tomates semble bonne quand meme.
Ecrit par : Diane | 17 juillet 2008
La croissance du CO2 atmosphérique est exponentielle.
La croissance de la biomasse terrestre, non.
Qui peut croire que ce genre de mesures, celle de faire du CO2 un dopant à tomates est une solution au réchauffement climatique ?
Une mini-mesurette, à l'extrême rigueur, car il ne faut pas rejeter les petits pas dans la bonne direction.
La solution reste la décroissance de la population mondiale et la décroissance des économies basées sur le pétrole.
Ecrit par : Yann58 | 25 août 2008
A propos de séquestration du carbone, il existe une technique utilisant les copeaux de petites branches comme amendement organique.
Résultats liés à cette technique : augmentation du taux d'humus des sols (séquestration de carbone), meilleure rétention en eau, réduction des traitements, augmentation des rendements grâce notamment à une meilleure résistance globale des plantes aux champignons et insectes...
Pour les jardiniers, agronomes, agriculteurs et autres, plus d'infos sur :
www.lesjardinsdebrf.com
http://pouzatbrf.blogspot.com
www.aggra.org
Ecrit par : Yann58 | 25 août 2008
Sans vouloir me faire l'avocat de Shell:
Avant:
> Shell rejette 325 000 tns de CO2
> Les maraichers produisent et rejettent X tns de CO2
Apres:
> Shell rejette 325 000 tns de CO2 via les maraichers
> Les maraichers ne produisent ni ne rejettent plus rien
Bilan des courses : on a evite de produire et rejeter X tns de CO2 dans l atmosphere.
Le seul hic, c est que l article ne donne pas X, et je soupconne que X est bien inferieur a 325 000 tns. En revanche, il n'y a aucune contestation possible sur l'interet du projet!
Ecrit par : globalwarming111 | 18 août 2009
je sors du salon de l'agriculture. Un peu dépité. La tomate reste mieux que le bœuf, mais si on n'y fait pas gaffe elle n'est pas bien loin derrière.
avec 55 kg de tomate produite par m² et par an en serre hors sol boostée au CO2 du gaz naturel qui chauffe également, et 350 à 400 kWh de conso de gaz (ou de fioul) par m², le bilan de la tomate est proche de 500 kg de Carbone (1,8 tonne de CO2) par tonne de tomate.
En fait, on arrive à 750 kg eqC/tonne pour les produits hors saison, et presque rien pendant la saison naturel.
Autrement dit, produire 12 tonnes de tomate sous serre chauffée, hors saison en France, ça balance autant de GES (9 tonnes de carbone - 33 tonnes de CO2) que de cramer 11 000 litres de fioul dans un semi-remorque capable de balader 12 tonnes de tomates sur plus de 20 000 kilomètres!!!
Heureusement, quelques serres passent au chauffage biomasse, mais elle ne sont pas simple à reperer sur le marquage des produits.
Quand aux produits "à l'ancienne", ils ne sont pas légion, même en été. 89% de la production francaise de tomate est cultivée sous serre.
Ecrit par : olivier | 02 mars 2010












