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19 avril 2009

La croissance verte au secours des entreprises en crise

Contrairement à ce que pense l'opinion publique, les entreprises considèrent que la crise financière va les conduire à renforcer leurs actions de développement durable. C'est en tout cas l'avis de 69% d'entre elles, et 88% des entreprises de plus de 5000 salariés (source : IFOP, mars 2009). Le traitement et le recyclage des déchets, ainsi que la réduction des dépenses d'énergie arrivent en 1ère position des domaines d'actions jugés prioritaires.

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Au-delà d'une possible prise de conscience des chefs d'entreprises de l'impact de leur activité sur l'environnement, leurs motivations sont principalement d'ordre économiques et s'expliquent, selon nous, par 2 facteurs principaux, conséquences directes de la crise que nous traversons :
- l'évolution du contexte réglementaire
- la volatilité des coûts de l'énergie


L'évolution du contexte réglementaire

Le Grenelle de l'environnement est probablement le moteur principal des engagements des entreprises vers le développement durable. Le train de mesures du Grenelle est lui-même essentiellement motivé par les objectifs européens

  • en matière d'énergie (cf. Paquet Climat - réduire de 20% les consommations d'énergie et utiliser 20% d'énergies renouvelables en 2020)
  • en matière d'agriculture (cf. Paquet Pesticides, PAC
  • ou en matière de toxicité pour les industriels (cf. REACH).


Le secteur du bâtiment est le secteur qui se voit attribuer le plus de mesures incitatives. Le financement de la rénovation thermique des bâtiments (via les éco-prêts,...) est au coeur du budget 2009 du MEEDDAT. Le ministère estime qu'entre 2009 et 2020, les mesures du Grenelle de l'Environnement apporteront plus de 300 milliards d'euros de chiffre d'affaires au secteur de la construction (dont 192 milliards au titre de la rénovation énergétique) et permettront de créer ou de préserver plus de 300.000 emplois. De quoi inciter Bouygues à se lancer désormais dans la construction durable dans un contexte où la crise frappe le bâtiment.

Le secteur de l'énergie est également soutenu par l'Etat qui a engagé plus 300 M € sur 3 ans pour soutenir les entreprises et les collectivités qui souhaitent utiliser la biomasse (déchets agricoles, forestiers ou agro-alimentaires) pour produire la chaleur dont elles ont besoin. Plusieurs dispositifs publics sont mis en place dont un appel d'offre biomasse et un fonds chaleur.

Le secteur de l'agriculture est également soutenu sur le plan de l'énergie via le plan de performance énergétique des exploitations agricoles PPE, pour atteindre un taux de 30 % d'exploitations agricoles à faible dépendance énergétique d'ici 2013. Les agriculteurs sont également contraints de réduire de 50% l'utilisation de pesticides en moins de 10 ans. En ligne de mire enfin, l'étiquetage environnemental des produits agro-alimentaires obligatoire à partir de 2011. Le groupe Casino fait partie des pionniers dans cette démarche.

L'industrie n'est pas en reste avec une démarche de recensement et de retrait progressive de substances chimiques dans la droite ligne imposée par la réglementation REACH votée en décembre 2006, petite révolution pour secteur de la chimie.

La volatilité des coûts de l'énergie

L'envolée du baril de l'été 2008 a provoqué une prise de conscience quasi généralisée de notre dépendance au pétrole et au gaz. C'est pourquoi, quand bien même le baril serait revenu à un niveau très bas, les entreprises poursuivent leurs actions de réduction d'énergie, au-delà même des mesures du Grenelle.

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Au point que même les entreprises dont le coeur de métier est de produire de l'énergie, mettent l'efficacité énergétique et la réduction des consommations au coeur de leurs offres, comme c'est le cas  d'EDF ou de DALKIA.

La route sera peut être encore longue mais le virage est pris.

Commentaires

C'est sûr que quand on se contente d'écouter les agences de com', on peut avoir l'impression qu'il va se passer des choses...

Ecrit par : Aerobar | 19 avril 2009

Dire que le virage est pris est aller vite en besogne. Il y a tout un tas d'entreprises, qui "profitent" de la crise pour revenir sur des obligations légales telles que les mises aux normes (par exemple pour des ICPE), sous le prétexte : on a déjà du mal à survivre, si vous nous imposez des dépenses on met la clé sous la porte. Plus un net recul de la recherche, avec des entreprises qui se concentrent sur leur coeur de métier et supprime les dépenses telles que les prestations environnement. A court terme j'ai peur que la crise face plutôt beaucoup de mal au secteur de l'environnement, même si à plus long terme on pourra sans-doute trouver des bénéfices

Ecrit par : Bôôh | 20 avril 2009

La révolution verte a déjà commencé !
Sofia ROCHE

Ecrit par : Maison passive | 20 avril 2009

Très bon article.

On ne peut néanmoins s'interroger sur le fossé qui sépare souvent "les paroles" et "les actes".

Le contexte réglementaire évolue, c'est certain. Les mentalités évoluent, c'est encourageant.

Mais le dogme de l'économie productiviste reste fermement implanté dans nos modes de pensées, dans nos comportement et a fortiori dans les têtes de nos élites politiques et économiques.

Arrosée de "croissance verte", les plans de relance ont pour vocation première de faire repartir "la machine" c'est à dire la consommation et la croissance du PIB.

D'un strict point de vue écologique.... la crise est avant tout une petite bouffée d'air pur pour la planète...
Si on ne peut souhaiter qu'elle se prolonge pour des raisons humanistes, on aimerait comme l'article le suggère, qu'elle soit avant tout l'objet d'un changement de paradigme. Pas d'un changement de communication.... (voir les pubs pour les voitures "Vertes").

Ecrit par : Olivier Bazin | 21 avril 2009

Les exemples de mesures du plan de relance et du Grenelle présentés ici ont pour objectif (me semble-t-il) de soutenir la transition de l'économie actuelle vers une économie plus "verte": une agriculture moins consommatrice en intrants, une industrie moins polluante, une énergie moins émettrice de CO2, etc.

Et ceci, durablement car ces mécanismes permettront de soutenir l'investissement dans les solutions écolo. aujourd'hui difficilement accessibles sans subvention mais qui demain deviendront compétitives.

On reste dans une logique économique avec une baisse des charges pour les entreprises et une amélioration de leur compétitivité, mais pas dans une logique de croissance du PIB et de la consommation (du moins ce n’est pas le but affiché).

Le principe idéologique de décroissance (aidé par la crise) ne doit pas être la seule vision. Pour que la croissance verte ne soit pas qu’une autre forme d'économie juste un peu moins polluante ou émettrice, il faut que les solutions environnementales, les énergies renouvelables, les technologies alternatives qui en sont le moteur soient déployées dans un logique "positive" (je dépollue plus que je ne pollue, je produits plus d'énergie et de matière que je n'en consomme, etc.) et donc vertueuse !

Ecrit par : Marc-Antoine | 21 avril 2009

Je mesure toute l'utilité et l'aspect positif des mesures présentées dans l'article. Elles vont dans le bon sens. C'est indéniable ! Mon propos était d'une part d'attirer l'attention sur le décalage majeur qu'il peut y avoir entre le discours voire même la norme et... la réalité. Il était de souligner d'autre part que ces mesures ne changent malheureusement pas l'approche que l'on se fait du problème... qui reste purement économique.

A ma connaissance, le développement des énergies "vertes" ne s'est jamais fait sur l'idée de "remplacement" mais de "complément". La raison est assez évidente : Aucune énergie verte n'est aujourd'hui capable de remplacer voir même de minimiser notre dépendance et aux énergies fossiles et au nucléaire. Aujourd'hui, peut on dire que l'usage d'énergies vertes permet la baisse de l'usage des énergies carbones ?

Que les processus industriels soient fortement "incités" à utiliser moins de polluants, d'énergie ou à générer moins de déchet... très bien ! Mais à condition que leur "objectif" ne soit pas de croître "ad vitam eternam" car, on le sait, l'effet rebond annule souvent les gains énergétiques, ou de matière. Les produits d'électro ménager n'ont jamais consommé aussi peu mais on n'en a jamais eu autant...

Obliger les constructeurs automobiles à produire des voitures moins polluantes.... c'est très bien ! mais cette stratégie s'intègre encore et toujours dans une perspective "technique et technologique". Elle ne saurait être satisfaisante ! C'est une nouvelle politique de transport et de la mobilité qu'il faut faire naître. Taxer le carbone ? revoir l'organisation des villes autour des lieux de vie, de travail et de loisirs ? les pistes existent... elles ont été ouvertes par le Grenelle.

L'agriculture enfin... Je ne reviens pas sur les "dangers" des agrocarburants lorsqu'ils se développent aux dépends des surfaces habituellement consacrées à l'agriculture de subsistance ou, pire, aux dépends des forêts primaires. Concentrons nous donc sur le soutien effectif du gouvernement à une agriculture plus respectueuse de l'environnement. C'est sur ce sujet que les avancées sont les plus probantes. Et pourtant, Mr Michel Barnier, ministre de l'agriculture a défendu (sans succès heureusement) la politique des quotas (sur le lait). Les pêcheurs subissent de plein fouet cette crise écologique... malgré toute la politique incitative et coercitive ... les limitations de la pêche ne sont pas respectées...

Avec ce dernier exemple, on voit bien que les mesures de réglementation et de législations présentées dans l'article ne suffisent pas. Elles sont nécessaires par leur capacité à "accompagner" l'économie vers.... un modèle qui reste à définir. C'est là toute la difficulté à laquelle aucune de nos élites n'a su répondre : vers quel modèle voulons nous aller ?

Quid des incitations réelles sur le portefeuille du consommateur ? Quid des valeurs pour remplacer le sacro saint "pouvoir d'achat" ? Prix nobel d'économie en 1998, Armartya Sen écrivait en 2004 que "l'économie est une science morale". Voilà peut être ce qui manque le plus à toutes ces mesures... non ?

Ecrit par : Olivier Bazin | 21 avril 2009

Le Cleantuesday "Cleantech pour les déchets et le recyclage" du 12 mai 2009 accueillera les intervenants suivants

-En exclusivité en France, Arrow Ecology, start up israelienne, qui développe un procédé de traitement biologique et vient de remporter plusieurs appels d'offre internationaux

-Le leader mondial Veolia avec une innovation majeure: le « Tri Séquentiel Auto Adaptatif » (« TSA2 »)

- La start up française Monextel.com avec un projet très innovant de recyclage de téléphones mobiles

- Une des vedettes de la scène Cleantech française, la start up Bionersis

http://cleantuesdayparis.fr/event/

Lieu: La Cantine Numérique, Passage des panoramas, 151 rue montmartre, 75002 Paris

Heure: à partir de 18H30 - présentations à 19H - networking de 20H à 22H

Ecrit par : Cleantuesday | 07 mai 2009

Marc-Antoine : " il faut que les solutions environnementales, les énergies renouvelables, les technologies alternatives qui en sont le moteur soient déployées dans un logique "positive" (je dépollue plus que je ne pollue, je produits plus d'énergie et de matière que je n'en consomme, etc.) et donc vertueuse !"

Est ce qu'accepter implicitement une augmentation de la pollution, ou une augmentation de la consommation de matière (même si ces augmentation sont accompagnées d'augmentation de la dépollution, ou d'augmentation de la production d'énergie) n'est pas dangereux ?

Ecrit par : Maurice | 09 mai 2009

"Logique positive" et donc "vertueuse"... il semble que vous soyez sur la même longueur d'onde que le gouvernement et sa taxe carbone... mêmes mots !

D'ailleurs, cette fameuse taxe trouvera t'elle vraiment sa place un jour ?

Ecrit par : Claire | 23 juin 2009


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