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25 mai 2011
L’énergie fait débat… II. Le point sur les énergies renouvelables
Les énergies renouvelables, « fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, ou encore la croissance des végétaux n’engendrent pas ou peu de déchets ou d’émissions polluantes. Elles participent à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, facilitent la gestion raisonnée des ressources locales, et génèrent des emplois » (et répondent en cela à un enjeu plus qu’environnemental).
Le solaire (solaire photovoltaïque, solaire thermique), l’hydroélectricité, l’éolien, la biomasse, la géothermie sont des « énergies flux » inépuisables par rapport aux « énergies stock » tirées des gisements de combustibles fossiles en voie de raréfaction : pétrole, charbon, lignite, gaz naturel.
Elles servent à produire de la chaleur, de l'électricité ou des carburants. Les techniques de cogénération permettent de produire à la fois chaleur et électricité.
En France, la loi de Programmation fixant les Orientations de la Politique Energétique (loi POPE du 13 juillet 2005) a confirmé, outre l'importance donnée à l'utilisation rationnelle de l'énergie, l'intérêt du développement des énergies renouvelables. Celui-ci répond à un double enjeu :
- réduire la dépendance énergétique de la France.
- contribuer à satisfaire les engagements internationaux de réduction de gaz à effet de serre de notre pays (accords de Kyoto), mais aussi à nos engagements européens, qui s'expriment au travers de plusieurs directives importantes.
Alors, aujourd’hui, quel bilan énergétique pour la France ? Notre pays compte parmi les tous premiers producteurs européens d'énergies à base de ressources renouvelables, ceci grâce à un fort taux d'équipement hydraulique, de grandes étendues forestières, un bon gisement éolien, ainsi qu'à une expertise technique de l'énergie solaire. En 2007, les ENR représentaient 13% de la production énergétique française. L'énergie hydroélectrique, ENR la plus compétitive sur le marché, représente l'essentiel de la production d'électricité à partir de sources renouvelables en France. La valorisation des déchets urbains est en progression constante, notamment grâce au développement de la cogénération dans les usines de traitement. L'exploitation du bois connaît depuis quelques années un regain d'intérêt en matière de chauffage industriel, urbain ou domestique. Enfin, de nombreuses autres méthodes de production d'énergie à partir de sources renouvelables existent de manière plus ou moins marginale : l'énergie éolienne, qui connaît un fort développement, la biomasse, la géothermie, le solaire thermodynamique, le solaire photovoltaïque. En ce qui concerne les transports, qui représentent un secteur très consommateur de pétrole et très producteur de gaz à effet de serre, l'accent a été mis ces dernières années sur la filière des biocarburants.
Les énergies renouvelables, le nouvel eldorado ? Pas si sûr, disent certains…
Après les grandes heures de l'énergie hydraulique (grâce aux grands barrages construits pour l'essentiel avant la Seconde Guerre mondiale), la part des énergies renouvelables dans le bilan énergétique français a commencé à décroître avec le développement des centrales nucléaires. La cause en est ici leur coût de production, alors que la France bénéficie, grâce à la puissance de son parc nucléaire, de l'électricité la moins chère d'Europe.
D’autres raisons sont généralement invoquées…
Tout d’abord, les énergies renouvelables sont diffuses et donc difficiles à industrialiser, stocker et transporter. Pourtant, au plan théorique, « la géothermie et le solaire permettraient à eux seuls de répondre à tous les besoins énergétiques mondiaux, même si la consommation par habitant triplait dans les décennies à venir » (selon l’Étude prospective réalisée par la compagnie Shell Energy needs, choices and possibilities). Et dans les zones isolées où les réseaux collectifs n'existent pas (déserts, îles), l'éolien et le solaire pourraient se révéler précieux.
Ensuite, elles présenteraient certains inconvénients : prenons le cas de l’hydroélectricité, qui est, après le bois, la deuxième source d'énergie renouvelable dans le monde. La construction des barrages est en plein essor depuis trente-cinq ans : 40.000 grands barrages ont été érigés dans le monde, et près de 1.600 sont en construction. Les partisans de cette source d'énergie ne manquent pas d'arguments : elle est inépuisable, ne dégage pas de CO2 et permet de réguler le cours des fleuves. Mais pour les autres, les grands barrages peuvent avoir de graves conséquences sur les populations et le milieu naturel. En Chine, le gigantesque projet de barrage des Trois-Gorges obligera au moins un million de personnes à l'exode. Les lacs créés par les barrages engloutissent des vallées entières, annihilant la faune et la flore. Autre problème technique : ces sites sont souvent éloignés des lieux de consommation de l'électricité, ce qui oblige à construire des réseaux d'acheminement longs et coûteux.
Autre exemple : la biomasse (Bois, matières végétales et déchets organiques), la plus ancienne et la plus importante des énergies renouvelables. Elle représente 11% de la production mondiale d'énergie, contre 13,8% pour l'ensemble des renouvelables. C'est la première ressource énergétique dans les pays pauvres. Plus de deux milliards de personnes l'utilisent, surtout dans les campagnes, pour la cuisine et le chauffage. Problème : la combustion du bois dégage du CO2, qui peut néanmoins être récupéré par la pousse de nouveaux bois. Mais dans certains pays les forêts sont irrémédiablement détruites et cette «compensation» ne peut avoir lieu. Les défenseurs de l'environnement prônent donc une biomasse «moderne» basée sur une gestion durable des sols et des forêts, l'utilisation de fours à bois moins polluants, et le recours au « biogaz » issu de la décomposition de matières organiques.
Même si l’intérêt des énergies renouvelables est qu’elles sont inépuisables et bien sûr "vertes", c’est à dire non polluantes, en n’émettant ni gaz carbonique, ni déchets nucléaires, chaque source d’énergie renouvelable présente des avantages et inconvénients explicités sur de nombreux sites internet. Novethic apporte même sa contribution dans cette analyse, évoquant une « certitude » on ne peut plus négative : « les énergies renouvelables ne pourront pas se substituer aux énergies fossiles, compte-tenu de nos modes de consommations actuels ». Seule issue : un changement profond dans nos habitudes de production, transport et consommation de l’énergie (par l’avènement de la « sobriété énergétique ») et ce dans un timing serré déterminé soit par l’épuisement des ressources fossiles, soit par l’imminence des changements climatiques.
Si ce changement de mentalité peut être acquis par une certaine frange de population, la majeure partie de cette même population ne l’est pas, et ce, par manque d’information sur l’importance du débat, par manque de conviction ou encore de moyens…Il semble nécessaire que ce débat sur le mix énergétique soit porté par les grandes instances, si l’on veut prendre à bras le corps ce sujet épineux et trouver des solutions adéquates.
Justement, quelles sont les perspectives annoncées par le gouvernement français et l’Union Européenne ?
En l’occurrence, les ENR restent au cœur des politiques publiques de l'énergie. Ainsi, début mars 2006, la Commission européenne a publié un Livre vert sur l'énergie, qui préconise notamment l'élaboration d'une feuille de route pour le développement des énergies renouvelables. Pour sa part, le gouvernement français, dans la cadre de la programmation annuelle des investissements de production d'électricité (PPI) 2006, détaille les moyens mis en œuvre pour atteindre les objectifs de développement de la production d'énergies renouvelables.
Enfin, le Grenelle de l'environnement, organisé à l'automne 2007 par le gouvernement, avait prévu un développement accéléré de l'ensemble des filières d'ENR. L'objectif étant d'augmenter de 20 millions de tonnes équivalent pétrole la production d'énergies renouvelables, afin qu'elles atteignent 20% de la consommation totale d'énergie en 2020. Malheureusement, sur ce point, les efforts ne semblent pas à la hauteur… Et le bilan actuel du gouvernement sur la période « mai 2007 - mai 2011 » est plutôt critiqué…
Comme nous pouvons le constater, le sujet est aujourd’hui très tendu, et il apparait compliqué d’obtenir des différents acteurs économiques une même vision du mix énergétique. Seuls constats indéniables : le temps presse pour une réadaptation indispensable de nos méthodes de production et consommation d’énergie ; les ENR doivent de toute façon progresser dans la part actuelle des ressources en énergie. Espérons que les politiques sauront faire appel aux experts en énergie afin d’établir leurs plans de campagne…et de les faire appliquer pour un changement (bénéfique) perceptible d’ici 2020.
Ps : afin de savoir si vous avez l’âme et la connaissance d’un parfait écolo du XXIème siècle, laissez-vous tenter par ce petit quizz sur les énergies renouvelables...
14:07 Écrit par Valérie Lorain Broca dans Analyses | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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19 mai 2011
Le nucléaire fait son cinéma
Alors que le festival de Cannes est à l’honneur et avec lui le 7ème art, et que les média du monde entier commentent régulièrement les actualités de la centrale de Fukushima et du nucléaire en général, un film mérite toute notre attention : « Into Eternity » de Michael Madsen. Ce documentaire se concentre sur les milliers de kilomètres de couloirs souterrains en Finlande, destinés à stocker des déchets nucléaires pour une durée de 100 000 ans (durée de nocivité des déchets radioactifs). Tout en partant du principe que les générations futures ne seront pas forcément à mêmes de gérer ces déchets, et que ce site (« Onkalo », soit « la cachette » en finlandais) doit finir par fonctionner seul et de manière silencieuse. Un documentaire futuriste composé d’images et d’interviews…à donner le frisson.
Ce film jette un pavé dans la marre et vient compléter les nombreux débats sur l’énergie nucléaire d’une part, et la gestion des déchets nucléaires d’autre part. Car même dans le cas où l’énergie d’origine nucléaire venait à diminuer, au profit des énergies renouvelables par exemple, il existe à ce jour tous les déchets accumulés depuis les premières centrales, il y a une soixantaine d’années (estimés aujourd’hui à 250 000 tonnes au niveau mondial…soit 35 tours Eiffels !). Et pour satisfaire la curiosité de certains d’entre vous, voici détaillés les chiffres correspondant aux déchets nucléaires en France sur le site de NeoPlanète.
Alors, courrez donc visionner ce film, qui à mon sens, met en exergue la question centrale suivante « quelle terre allons-nous laisser aux générations futures ? » et fait revivre la célèbre citation attribuée à St Exupéry : « Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à notre enfants ». A bon entendeur...
16:08 Écrit par Valérie Lorain Broca dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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L’énergie fait débat… I. Etat des lieux
Il n’est pas un jour sans que le débat fasse rage sur notre consommation planétaire d’énergie et ses conséquences pour l’avenir.
14:18 Écrit par Valérie Lorain Broca | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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