14 juin 2007

[Interview] André Malsch - responsable des initiatives de développement durable chez Steelcase

Steelcase, leader mondial mondial de l'immobilier de bureau, emploie aujourd'hui plus de 14 000 employés dans le monde. Elle réalise un chiffre d'affaire annuel de près de 3 milliards de dollars avec plus de 500 lignes de produits à son portefeuille. Mais au-délà des chiffres et des résultats, la direction a décidé de mettre le développement durable au coeur de sa stratégie d'entreprise. L'éco-conception est le fer de lance de cette politique.

André Malsch, responsable des initiatives de développement durable au sein du groupe, explique à Croissance Verte comment une telle politique a pu être mise en place et quelles sources d'opportunités elle représente aujourd'hui pour Steelcase.

André Malsch est également président du club CREER, cluster dédié à l'éco-conception et au recyclage (en savoir plus ici)

01 juin 2007

Une nouvelle croissance ?

Le monde s'intéresse aujourd'hui à une problématique évoqué sur nos pages, et qui semble devenir de plus en plus importante : le besoin de définir une autre croissance.

Une série d'article analyse les nouvelles positions sur le sujet, sous des titres qui posent bien le problème : La croissance en question, ou encore les promesses d'une autre croissance. Le journal explore une question qui fait de plus en plus débat aujourd'hui (et même sur croissance-verte).

Le paradigme d'une croissance qui ne tient pas compte des externalités négatives semble de plus en plus bousculé aujourd'hui, par les économistes (cf le rapport Stern), obligeant la Banque Mondiale à revoir sa doctrine. L'institution commence en effet à prendre conscience de l'importance (et de l'intérêt) d'une puissance publique forte (dans certains secteurs) pour assurer le développement économique.

Passage du jetable au durable, relocalisation d'une partie de l'activité (comme la production d'énergie), prise en compte des impacts écologique dans le bilan des entreprises, valorisation du patrimoine naturel dans les comptes publics : les changements sont nombreux et concernent tous les aspects de l'économie. Du discours à la mise en pratique, le chemin risque d'être long, mais selon de nombreuses prospections, les résultats devraient être à la hauteur : réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le batiment devrait contribuer à la création d'un million d'emploi...
 
Comme le demande Anne Michel dans une chronique du 31 mai (signalée dans les commentaires de ce post), Et si la finance sauvait la planète ? 
 
 
[update le 1/06 : ajout du lien vers une chronique] 

17 mai 2007

Les règles de l'e-commerce sont-elles contraires aux principes de développement durable ?

Article envoyé à Croissance Verte par Jean-Noël Boisson 

On entend parfois que le nouveau canal de distribution qu’est l’e-commerce provoque la consommation de plus d’emballage, qu’en élargissant notre sourcing nous contribuons à l’accroissement du volume de transport, en résumé que l’e-commerce ne participe pas d’une logique de développement durable.

Le monde de l’e-commerce est peut être plus vert  qu'il n'y parait

  • Les moyens de transport avals de l’e-commerce sont optimisés pour des raisons économiques (messagerie du type La Poste). Cette logistique du transport induit une véritable rationalisation de nos comportements. Là où nous faisions auparavant des dizaines de km pour nous rendre chez IKEA ou chez Boulanger pour comparer et acheter quelques articles et où nous revenions avec un chargement assez peu optimisé, nous nous contentons désormais de quelques clics sur internet.
     
  • Les points de vente disparaissent au profit de centres de stockage/distribution et permettent de substantielles économies d’énergie (besoin moindre en climatisation et éclairage par exemple), coût écologique de construction diminuée….
  • L’apparente diversification de nos sources d’approvisionnement ne doit pas cacher que nous achetons très souvent via l’e-commerce des objets que nous pourrions trouver dans le commerce traditionnel. L’e-commerce peut être perçu plutôt comme un intermédiaire entre des producteurs traditionnels et des acheteurs qui en rationalisant les transports et les coûts de stockage est peut être plus vert qu’il n’y parait.

Pour terminer, une page d’accueil assez désuète mais néanmoins séduisante , Netecolo (anciennement Googecolo) qui allie le moteur de recherche google et affiche chaque jour un conseil pour la planète. Une page d’accueil tourné vers le présent, … et l’avenir.

11 mai 2007

L'environnement comme nouveau relais de croissance ?

A l'occasion de la réunion annuelle de la Commission des comptes et de l'économie de l'environnement, le rapport annuel sur les comptes de l'économie de l'environnement a été dévoilé.

Ce rapport montre que la dépense par la société française en matière de protection de l'environnement continue de croître plus rapidement que la richesse nationale (depuis 1990, 6,0% par an contre 3,4% pour le PIB). Cela est révélateur de la prise de conscience par les Français de l'importance de l'écologie et du développement durable. Aujourd'hui, 1,5% de l'emploi total, c'est-à-dire 374 000 emplois, est lié à l'environnement.

Les comptes de l'économie de l'environnement traduisent aussi la montée en puissance de préoccupations telles que la protection de la biodiversité, de la qualité de l'air ou la lutte contre le bruit. Les dépenses qui leur sont consacrées progressent fortement. Ils soulignent en outre la place importante des investissements. Leur progression rapide ces dernières années reflète la volonté de prévenir le plus possible la pollution à la source et d'améliorer les traitements pour préserver les milieux naturels.

Enfin le rapport indique que l'effort de protection de l'environnement repose, à parts voisines, sur les différentes composantes de la société, ménages, entreprises et administrations publiques.

Vu sur ecologie.gouv.fr 

04 mai 2007

Michel-Edouard Leclerc s'en mèle

Un chef d'entreprise s'engage et s'exprime sur le développement durable. Ce n'est pas encore assez banal pour ne pas le souligner sur croissance-verte. Michel Edouard Leclerc est un précurseur en France en général et dans son secteur enmedium_leclerc_ombre.gif particulier en ce qui concerne la prise en compte des enjeux du développement durable.

Si croissance verte s'interroge encore sur la "durabilité" de cet engagement de la part de la Grande distribution, force est de constater que le fils du fondateur des magasins Leclerc n'hésite pas à mettre en avant son point de vue et des idées assez atypiques dans son milieu.

 On appréciera à sa juste valeur que cet ancien étudiant en philosophie associe développement durable et l'éthique "L'éthique et le développement durable concernent d'abord la vision que l'entreprise a du monde qui l'entoure". Et lui même s'interroge si le développement durable est un effet de mode ou une réalité, rappellant à juste titre que c'est bien le consommateur qui sera au coeur de la réponse : "Les consommateurs interpellent les entreprises sur la sécurité des produits, sur leur qualité, mais aussi sur leur origine".

medium_MELeclerc_001.jpgOn pourra toutefois regretter l'absence totale de réflexion quant à l'évolution du modèle même de la grande distribution. La concentration en un même lieu de tous les types de produits et en très grande quantité a joué de manière déterminante dans l'explosion de la société de consommation en France. Le développement des grandes surfaces a accéléré la disparition des commerces de proximité aux centres villes comme dans les campagnes.

Au coeur du business model d'un hypermarché, il y a le faible coût du transport. Celui des marchandises qui viennent des quatres coins du monde commme celui des clients qui n'hésitent pas à faire 20 minutes de voitures en plus pour quelques euros de moins. Faut il en plus évoquer le système des marges arrières et les pressions sur les fournisseurs ? La course au prix "discount" est elle vraiment compatible avec les exigences éthiques et de développement durable ? Faut il rappeler l'ensemble des externalités négatives qui se cachent derrière un produit vendu en grande surface ?

Si la grande distribution veut réellement contribuer au développement durable, elle ne pourra pas se contenter d'agir à la marge. Il faudra revoir en profondeur son mode de fonctionnement : faire évoluer son activité vers plus de service et de proximité. C'est ce type de piste ou d'idée qu'on aimerait voir développer par un entrepreneur tel que Michel Edouard Leclerc car les chercheurs ne semblent pas plus avoir pris l'ampleur du défi à relever. Car il s'agit bien de ne plus suivre une "tendance"  mais de mettre en place une véritable révolution stratégique fondée sur une vision à long terme de la société et de son environnement. Monsieur Leclerc, nous sommes toute ouïe !

03 mai 2007

Greenpeace fait plier Apple

Réagissant à une intense campagne lancée par Greenpeace (nous en parlions ici et ), qui épinglait ses mauvaises pratiques environnementales, Apple, Inc a annoncé aujourd'hui par l'intermédiare de son CEO Steve Jobs, dans une longue lettre ouverte intitulée "Une Pomme plus verte".

 

medium_ilovemymac150x150.gif Regrettant un (trop) long silence de la part de sa société, Steve Jobs bat sa coulpe et est fier de dévoiler (pour une fois) des plans pour l'avenir d'Apple. Promesses chiffrées (porter à 93% le nombre deMacs éligibles à un programme de recyclage avant fin 2007), engagements concrets (se débarasser de l'arsenic dans le matériel informatique) comparaison avec la concurrence, plates excuses : les sympathisants de l'ONG doivent être ravis. Les nouveaux iPods et les nouveaux écrans (qui seront annoncés plus tard cette annéé) seront conformes à cette politique. On peut lire sur le site Macgeneration un résumé en Français de cette lettre.

 

Après un long bras de fer, et la parution récente (et médiatisée) d'un classement des entreprises informatiques les plus vertes (dans lequel Apple fermait la marche),cette lettre est le premier signe d'un net revirement de la part du contructeur informatique (qui avait occulté ces questions lors de ses récentes assemblées d'actionnaires). La crainte d'une baisse sévère de son image de marque a sans aucun doute fait plier la marque à la Pomme.

 

L'exemple prouve que la mobilisation, associée à la crainte d'être sanctionné par les consommateurs responsables sont, autant que les lois et les réglements, de puissants levier d'incitation à un meilleur comportement des entreprises.

17 avril 2007

Le marché du changement climatique

Dans cet article du Monde, on apprend que les secteurs les plus touchés par le réchauffement climatique sont les assurances et les constructeurs automobiles.

Pour les assureurs, l'explication est assez simple : on va vers un monde plus incertain car perturbé et déséquilibré par l'activité humaine. Le risque étant moins prévisible et plus aléatoire, il va mécaniquement entraîner un surcoût des polices d'assurances.
Pour les constructeurs automobiles, c'est plus intéressant : ils sont les boucs émissaires d'une société énergivore; ce que je trouve assez surprenant quand on sait quelle place centrale la voiture tient dans le sentiment de liberté individuelle et l'organisation de cette même société.

Je vous  recommande néanmoins cet article qui s'appuie essentiellement sur l'excellent rapport "The business of climate Change" écrit par John Llewellyn pour la banque Lehman Brothers.

Pour terminer, une citation de l'article qui me paraît particulièrement en phase avec le constat de Croissance Verte. 

"Pour la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, le réchauffement est devenu - avec la mondialisation, l'évolution technologique et le vieillissement démographique - "un des facteurs déterminants qui façonneront inexorablement l'environnement économique des entreprises". "

02 avril 2007

L'industrie dans le Pacte

La Tribune.fr - Article publié le 02 Avril 23007

"Schneider Electric signe le pacte écologique de Nicolas Hulot.
Le groupe spécialisé dans les équipements et automatismes électriques est la première entreprise industrielle signataire du pacte écologique de Nicolas Hulot.
[...] Par là-même, l'entreprise s'engage à intégrer dans sa politique d'entreprise la majorité des 10 objectifs proposés par Nicolas Hulot (organiser la baisse de la consommation énergétique, sortir du tout routier dans les transports, concevoir les produits industriels pour qu'ils durent, etc..)" Lire la suite de l'article ici

Cliquez ICI pour en savoir plus sur la politique de développement durable de Schneider Electric

Commentaire :
Si l'article est plus inspiré par le communiqué de presse de Schneider Electric que par la volonté d'analyser la démarche de l'entreprise, il a le mérite de rappeler les engagements qu'implique la signature du Pacte. Est ce que les entreprises tiendront parole (au même titre que les politiques) ou doit on y voir une simple opportunité de commmunication ?
Je pense que l'impératif de survie qui pèse particulièrement sur les industries amène à une réelle mutation de leur fonctionnement. (On se demande d'ailleurs si les politiques ne se sentent pas encore assez "menacés dans leur survie" pour prendre la mesure des défis à relever).

Après l'industrie lourde (aluminium, chimie...), il est intéressant de constater que l'industrie de l'équipement se lance dans la bataille de "l'efficacité énergétique". Des économies d'énergies importantes restent à trouver ... à condition qu'elles n'impliquent pas un report de la consommation sur de nouveaux usages.

30 mars 2007

Le plan CO2 français critiqué

Après que la commission européenne a (enfin) approuvé le plan français de quotas d'émissions de CO2 (article lemonde.fr), le Medef fait état de son mécontentement devant des limitations qu'il juge inacceptables.

La France avait présenté fin 2006 un plan délibérément gonflé, qui avait été rejeté sans ménagement par la comission (malgré un aller-retour Paris-Bruxelles en hélicoptère de la minitre de l'environnement : bel exemple !). Le nouveau plan est donc plus restrictif (mais plus en phase avec les discours volontaires entendus ici ou là).

 

 Le patronat agite donc la menace de fermeture de sites (en fin de l'article), plutôt que d'essayer constructivement d'atteindre les objectifs fixés, en mettant en pratique les déclarations d'intention sur l'innovation et la technologie comme réponse aux problèmes environnementaux.

 Bizarre, je croyais avoir lu que les patrons européens avaient décidé de privilégier l'environnement... 

 

27 mars 2007

Les jours de l'ampoule à incandescence sont comptés

C'est ce que l'on apprend dans cet article du monde.fr, qui rend compte des efforts réalisés un peu partout dans le monde pour éliminer ces ampoules, "qui chauffent plus qu'elles n'éclairent".

L'Australie a décidé d'interdire ces ampoules (dont seulement 5% de l'énergie consommée est transformée en lumière) afin de favoriser l'utilisation des lampes fluorescentes, qui proposent un meilleur rendement (et une durée de vie plus longue), malgré un prix à l'achat plus élevé.

On ne peut que saluer une telle initiative (après tout, toutes les actions sont bonnes à prendre), mais il ne faut pas oublier que l'éclairage domestique représente environ 1% de la consommation totale d'énergie d'un pays (données tirées de manicore.com)...

Meme si on y inclut l'éclairage non domestique (ce qui fait fatalement augmenter ce chiffre), cela donne une idée de l'ordre de grandeur du pourcentage d'énergie concerné.

Ces annonces poussent à un comportement vertueux, mais elles ne doivent pas devenir les arbres qui cachent la forêt.