25 novembre 2008

Un virage vert de l'Asset Management

Le groupe Deutsche Bank a mis en ligne des documents et vidéos très pédagogiques.

L’objectif : inciter les investisseurs poids lourds à investir dans le changement climatique, et plus largement dans certains domaines de la croissance verte.

 

Un prérequis pour parler le langage des Assets Managers : une vague notion du (très imparfait) modèle d’évaluation des actifs financiers MEDAF.

Ce modèle permet d’analyser la corrélation de la performance d’un titre avec celle de l’ensemble du marché.

Wikipedia fournit plusieurs pages sur ce sujet : la définition du modèle en général, celles du coefficient alpha et bêta

Dans des conjonctures floues et des marchés très volatiles et/ou baissiers, les investisseurs s’éloignent fréquemment des titres/actions qui présentent un avantage stratégique dans le moyen-long terme. Ils ne sélectionnent plus leurs investissements sur la base du coefficient beta (corrélation risque-rentabilité).

Ils font alors des choix dits « tactiques », appuyés sur une sur-performance anormale momentanée dans un secteur ou sur un produit en particulier, mesurée par un alpha supérieur à zéro.

 

Mark Fulton, Global Head of Climate Change Investment Research, DB Advisors (Asset management), avance alors dans une vidéo des arguments convaincants pour attirer les investisseurs vers tout ce qui touche au changement climatique. Il indique une surperformance dans de pools d’actifs d’un large éventail de secteurs clés : production d’énergie propre, management des ressources environnementales, efficience énergétique, matériaux innovants, etc.

 

On se réfèrera utilement à leurs divers documents :

§          Leur page d’accueil, où les plus pressés trouveront le résumé / Executive Summary

§          Un report d’Octobre « Investing in Climate Change 2009, Necessity and Opportunity in Turbulent Times (pdf)

§          Un report de Novembre « Economic Stimulus : The case for Green Infrastructure, Energy Security and Green jobs » (pdf)

§          Depuis leur page thématique, on accède aussi à une étude de leur filiale RREEF Alternative Investments « Globalization and Global Trends in Green Real Estate Investment»

 

Difficile aujourd’hui de se baser sur les concepts et modèles imparfaits des mécanismes de marché : la démonstration ne tient pas toujours. Par ailleurs, ces discours sont peut-être un simple écho aux orientations politiques globales nouvelles. Serait-ici seulement un Green Washing de l’Asset Management ?

Soyons positifs : on peut apprécier le nouveau message délivré par la Deutsche Bank et la volonté d’orienter (massivement ? passivement ?) des investissements vers des domaines verts.

28 octobre 2008

Foncière Terre de Liens

Une bonne nouvelle en ce moment : voici la finance au service d’une initiative très verte J

 

Nous savons qu’une bonne part des produits alimentaires bios dans les rayons de Biocoop ou de la grande distribution sont importés - ce qui va à l’encontre d’une supply chain courte et éco-efficiente, pour produire et consommer local, blabla...

Eh bien certains ont peut-être le début de la solution pour dynamiser l’amont de la filière bio en France : cela passe par une forme juridique originale, et des logiques financières hors norme.

 

Labellisée Finansol, la Foncière Terre de Liens vient de lancer un Appel  Public à l’Epargne.

 

TdL se décrit comme le premier outil financier d’investissement solidaire appliqué à la gestion du foncier et du bâti rural. Elle permet de lever l’obstacle du prix du foncier pour installer des paysans et des acteurs qui portent des projets respectueux de l’environnement.

TdL propose des actions qui ne vous rapporteront rien - mais qui ne chuteront sans doute pas non plus : vous pouvez encore y souscrire pendant les quelques mois qui viennent (1). Pour les amoureux de la finance pure et dure, vous avez ici le prospectus complet.

  

TdL est une société en commandite par actions. Via la Sarl TdL (associé commandité, gérant de la foncière), elle est liée à l’association nationale TdL et à la NEF, véhicule de finance coopérative alternative bien connu.

TdL souhaite permettre à des agriculteurs bio n’ayant pas de fonds suffisant pour l’achat d’une exploitation de lancer de leur activité. En achetant terres et bâtiments, TdL les loue ensuite à l’exploitant sous forme de baux environnementaux.

En limitant la liquidité des actions - non cotées sur les marchés - et en ne promettant aucun dividende sur les actions, TdL souhaite limiter la spéculation sur la valeur des terres agricoles.

Les investissements de TdL sont étudiés par un comité d’engagement multi-compétences. Le programme d’investissement pour 2008-2009 est déjà assez fourni : TdL cherche donc des petits porteurs aux quatre coins de France.

 

On est là devant un modèle qui va à l’encontre du fonctionnement des marchés, et qui demande des investisseurs d’un nouveau genre.

La motivation par l’espérance de gain (maladie courante des actionnaires de foncières) est remplacé par l’idée d’un changement de modèle pour l’agriculture et l’alimentation. Il ne s’agira pas de croissance verte au premier sens (un verdissement qui améliore la performance financière aujourd’hui et demain), mais plutôt d’un moyen de croissance du marché du bio.

 

Sans remettre en cause le sérieux et l’intérêt de la méthode TdL, voici quelques interrogations :

§         les exploitants agricoles bio, locataires non-expulsables, à petit revenu, soumis aux risques énergie et matières premières, aux caprices du climat, des insectes et des champignons, aux pollutions d’exploitations voisines, pourront-ils à se créer un coussin financier pour leurs familles pour traverser les périodes de vaches maigres ?

§         En dépit du renforcement de modèles de type « louer est plus intelligent qu’acheter », est-on très à l’aise avec l’idée de louer leur terre à des paysans ? Autrement dit, qui sont les propriétaires terriens du futur, qui pourront s’alimenter en bio…

§         La Foncière aura-t-elle les moyens de financer les rénovations du bâti, de s’adapter à toute nouvelle réglementation agricole, thermique, fiscale, et de faire son trou parmi les géants de la spéculation immobilière et les puissants lobbies agro-alimentaires (2) ?

§         Côté consommateurs frileux aux poches un peu vides, le marché du bio va-t-il pouvoir grossir en ces temps pourris ?

§         Sans retour financier à espérer, il y a toujours prise de risque par l’investisseur (c’était bien l’idée des actions au départ…). Quel pari fait-on vraiment ? Celui que les modes de production et de consommation pourront radicalement changer dans les années à venir ?

§         Finalement, y a-t-il beaucoup de volontaires pour gagner peu, presque rien ou rien du tout ?

 

Ne plus céder à l’appât du gain - ne plus gagner d’argent : un prix à payer pour préserver la nature et notre santé physique (et mentale), et ne plus être victime des sirènes de la finance.

19:10 Ecrit par Hélène Le Teno dans Investisseurs | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : finance, foncière, bio, rentabilité

29 janvier 2008

GreenTech Overview

Adam Grosser, partner d'une société d'investissement américaine, qui gère entre autres 150 millions de dollar dans les cleantechs, présente un panorama intéressant des grands enjeux associés à cette nouvelle économie.

vu sur environmentalleader.com

08 janvier 2008

Les investissements verts plus vigoureux que jamais

Une récente étude indique que le cap de 100 milliards de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables a été franchi en 2007. 3 phénomènes expliquent en grande partie cet engouement :

  • L’augmentation du prix des énergies fossiles avec un baril de pétrole qui franchissait jeudi la barre des 100 $
  • Les politiques nationales de soutien aux énergies renouvelables qui leur permettent d’être compétitives
  • Une prise de conscience générale qui incite tous les industriels et autres investisseurs à s’intéresser à la question de l’environnement
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Espérons que cette tendance sera suffisamment solide en 2008 pour surmonter la morosité des marchés financiers consécutive à la crise des subprimes.

11 septembre 2007

Les dérives de la neutralité carbone

Quand la croissance verte oublie son objectif premier, on en arrive à des situations qui pourraient prêter à rire si l'enjeu n'était pas aussi grave.

Ainsi de la pratique de l'achat de neutralité carbone, proposée par de nombreuses compagnies spécialiées (tels Climat Mundi) ou non (les loueurs de voitures, qui permettent de voyager "carbone-neutre", par exemple). Un article édifiant du LA Times relate les exemples de projets destinés à diminuer les émissions de CO2, qui étaient déjà financés, et pour lesquels la décision de mise en application était déjà prise, et qui ont fait l'objet en surplus de financements provenant de sociétés achetant du carbone pour le revendre aux possesseurs de 4*4 (ou aux producteurs de "Une vérité qui dérange").

On en arrive alors au paradoxe suivant : pour compenser une activité qui augmente les émissions de GES, on finance un puit de CO2 qui de toutes façons était déjà en chantier. Un jeu à la fin duquel les émission de Gaz à effet de serre n'ont donc pas diminué, puisque l'argent du culpabilisé n'a pas servi à augmenter les capacités d'absorption globales du système.

Pire, certains "revendeurs" de CO2 (Native Energy aux USA) s'approprieraient 100% du carbone économisé par des projets qu'ils n'ont financé qu'à hauteur de quelques pourcents. Les méthodes de calcul du CO2 prétendument économisé seraient elles aussi assez largement farfelues : Native Energy surévalue par exemple l'électricité produite par un projet qu'elle finance en Alaska au prétexte que, sans son apport, l'ensemble de la filière d'éoliennes en Alaska aurait été touché....

N'oublions pas que, même si l'on fait abstraction de ces graves dérives (dont d'autres exemples sont données sur Wikipedia), la neutralité carbone ne conduit aucunement à une diminution des émissions de GES, mais au mieux à une stabilisation. Dans le cadre de l'engagement "Facteur 4" pris par la France, cette solution est donc notoirement insuffisante, d'autant qu'elle semble autoriser les institutions qui y ont recours à fermer les yeux sur la réalité des projets financés. Là encore, il semble urgent de normaliser et labelliser au niveau international les actions entreprises.

09 août 2007

Le top 20 mondial des valeurs vertes

Sustainable Business publiait en juillet (et pour la 6ème année consécutive) le classement des 20 sociétés dans le monde qu'on pourrait qualifier de leaders en terme de développement durable et d'impact sur l'environnement. Selon SB, cette liste peut constituer un portefeuille d'actions intéressant car en plus de privilégier des modes de management durable, les sociétés qui le composent ont une situation financière solide et sont suffisamment diversifiées en terme de tailles et d'industries.

Pour plus d'info cliquez ici 

Vous trouverez la liste des entreprises dans la suite de ce billet :

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11 juillet 2007

Après l’or noir, l’or bleu : le marché de l’eau est-il déjà plus rentable que le pétrole ?

88acdb8bf15f4f1aa72f40f1f4083e5d.jpgL’eau potable est bien la ressource la plus précieuse sur cette planète devant le pétrole ou le gaz. Face à l'épuisement progressif et à l'augmentation des besoins, le marché de l'eau se structure et se développe pour anticiper voire contrer la pénurie déjà une réalité dans nombre de pays.

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29 juin 2007

Business Vert

La croissance verte, c'est aussi le développement de nouveaux business parfois improbables... C'est le choix qu'a fait le suédois Johan Eliasch, le patron de la marque de sport bien connue des tennisman et des skieurs Head.

Il a créé avec le député anglais Frank Field l'association cartitative Cool Earth, qui permet à Monsieur Tout-Le-Monde d'acheter un morceau de foret vierge (en Amazonie, ouen Equateur), afin de la protéger et d'éviter qu'elle ne soit détruite. Uen fois le terrain acheté, l'association s'engage à le protéger avec le concours des poluations locales, créant une activité pérenne sur place. Comme l'explique l'article du Monde, l'action a généré la création de 1500 emplois auprès des populations locales, mais a aussi entrainé le licenciement de 1000 employés de l'industrie de la deforestation.... Utile pour rappeler que la défense de l'environnement a aussi des mauvais côtés...

09 mai 2007

Le gourou du capital risque américain investit dans le "vert"

Lors d'un récent concert de U2 pour éveiller la jeunesse aux problèmes de notre planète, les remerciements de Bono allèrent à... John Doerr. John Doerr est une star aux Etats-Unis, au moins dans la silicon valley puisqu'il a fait fortune en investissant dans des sociétés high-tech bien connues : Compaq, Intuit, Sun Microsystems, AOL, Amazon, Netscape, et Google. Ses fonds d'investissement regroupés au sein de "Kleiner Perkins Caulfield & Byers" ont déjà commencé à investir dans le secteur des "technologies vertes" et prévoient d'investir $200M sur les prochaines années.

L'investissement dans ce secteur est un challenge à la hauteur du personnage. En effet, contrairement aux technologies de l'information et aux biotechs, le développement de l'industrie verte aura sans doute besoin d'un sérieux coup de pouce des institutions publiques car il ne s'agit pas seulement de développer de nouveaux marchés mais de mettre en place un nouvel ecosystème énergétique, de production et de consommation. Pour cela, John Doerr compte sur ses talents de lobbyiste en soutenant les gouvernements et les candidats aux programmes résolumment actifs dans le domaine de l'environnement : subventions pour l'équipement des maisons en panneau solaire, déductions d'impôts pour les voitures propres, etc. Une autre manière de faire du capital risque mais qui à coup sûr devrait porter ses fruits... et en tout cas génère déjà du buzz sur le thème : "les contribuables américains enrichissent les fonds de capital risque."

Sources:  http://www.engineering.ualberta.ca/nav02.cfm?nav02=45070&nav01=18430, http://www.portfolio.com/executives/features/2007/03/29/Behind-the-Green-Doerr?page=1,

14 avril 2007

Les éco-investissements, leviers de la croissance verte

Nous avions déjà évoqué dans ce billet la croissance exponentielle des investissements socialement responsables dont le montant des encours atteint 3 milliards d'euros en France en 2006 (x6 par rapport à 2002). Ces éco-investissements sont les ultimes leviers de la croissance verte alors que les marchés explosent comme le souligne Enjeux Les Echos de ce mois-ci.

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Source : Clean Edge (2006)

Creusons un peu ce qui composent ces fonds d'investissements, leur performance et leur impact sur l'environnement.

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