Le ferroutage, une fausse bonne idée, une de plus

Ce mode de transport est complètement illogique et contre-productif.

Le ferroutage, c’est l’utilisation de deux modes de transport de surcroît très lourds, pour une seule charge.

Dans le cas du ferroutage, le poids mort (poids du matériel ferroviaire roulant et du camion) est de 2,8 tonnes pour 1 tonne de marchandise transportée. Le transport par conteneurs ne nécessite qu’un poids mort d’une tonne environ, pour 1 tonne de marchandise transportée. Comme on dit familièrement : « y a pas photo ».

 

En gros, le ferroutage prend deux fois plus de place et consomme deux fois plus d’énergie que le transport par conteneurs.

Ce dernier mode de transport est donc bien plus avantageux. Il existe aujourd’hui des instruments de levage montés sur roues qui vous prennent un conteneur, comme un fétu de paille, sur le train et vous le place en deux minutes sur la plate-forme d’un camion conçue à cet effet et vice versa. Il existe aussi de grands portiques qui permettent de charger très facilement des conteneurs de toutes dimensions sur des trains, sur des péniches ou sur des bateaux. Une fois le conteneur chargé sur le train, il va filer beaucoup plus vite vers sa destination que le camion. Le camion posé sur le train ira à la même vitesse, mais son chargement et son déchargement seront beaucoup plus longs. En plus, il faut prévoir un wagon pour les chauffeurs. Vu le gaspillage d’énergie dont il a été question plus haut, ce n’est pas une solution, c’est un pis-aller.

Au-delà d’une distance de 400 km, 80% de marchandises qui « prennent et occupent » actuellement la route pourraient être transférées sur le train dans des conteneurs qui existent en différentes dimensions et même en version frigorifique : c’est tout dire. Avec ce système, les camions qui prendraient le relais du train, opéreraient dans un rayon de 200 km maximum.

En outre, un conteneur peut rassembler plusieurs commandes que le routier livrera, en organisant son circuit dans ce but. Bien entendu, il restera toujours des marchandises qui nécessiteront un transport routier, du départ à l’arrivée. Mais ces cas sont peu nombreux.

Le ferroutage n’est motivé que part le lobby des transporteurs routiers et les industriels inconditionnels des flux tendus.

Ce qu’il faut développer, ce sont des plateformes multimodales comme celle de Delta-3 dans le Nord de la France.

Elles servent de points de transfert  entre le transfert ferré, le transport par voie d’eau (fluvial ou maritime) et la route pour les déplacements régionaux en début ou en fin de chaîne.

Il faut aussi réhabiliter les voies ferrées que la SNCF s’est trop longtemps empressée d’abandonner pour des logiques économiques « à court terme », au profit du seul TGV.

Oui le fret à de l’avenir, le ferroutage non !!

Sources : Michel Evrard

Categories: Analyses