24 janvier 2008

Plus de quotas contre des emplois ?

087de6236259c7140118869f15cf058b.jpgC'est le terrible marché que tente de passer ArcelorMittal en Belgique: la compagnie réclame des droits d'émettre du CO2 contre la réouverture du site de Seraing, dans la banlieue de Liège (article du Monde). Légitimement concerné par la sauvegarde de 2000 emplois directs, le gouvernement Belge a mis en place en décembre un groupe de travail sur la question.

 

La commission européenne, sollicitée par l'état fédéral belge, reste pour le moment inflexible et juge que le système actuel est assez souple pour permettre aux entreprises de bénéficier de quotas en cas de besoin.

 

Le débat jusque là uniquement théorique posé il y a quelques temps (voir nos différents articles à ce sujet) prend donc brutalement forme et frappe de plein fouet la réalité économique et sociale d'une région. Le dumping environnemental est bien une (triste) réalité... Ce marchandage (et l'opposition ainsi réalisée entre défense de l'environnement et croissance ) ne devrait pas améliorer l'image du système des droits à polluer qui, s'il est améliorable, reste un outil essentiel dans la gestion des émissions de Gaz à Effet de serre.

 
En attendant, la région wallonne espère que l'état fédérale financera l'achat de quotas pour ArcelorMittal. La subvention sur les quotas de droits à polluer est-elle le prochain champ de bataille pour la compétitivité économique des territoires ? 
 

09 novembre 2007

Question de priorité

27a051667b7badd5a76065d8c0f7fdac.jpgLors de sa conférence de mercredi, Lester Brown a évoqué un exemple frappant de changement radical dans l'orientation de l'économie d'un pays : l'attaque de Pearl Harbor en 1942. Selon lui, deux jours avant l'attaque, la priorité des américains était l'emploi. 24h après... c'est la guerre ! En quelques mois, l'économie américaine va se réorganiser, se modifier, se moderniser pour faire face à l'effort de guerre. Avec le succès que l'on sait !!!

Parallèle déconcertant, Le Parisien publie aujourd'hui un sondage dont le résultat est clair : L'environnement n'est pas en tête des priorités en France. Qui règne alors en maître sur les préoccupations des français ?  Le fameux "Pouvoir d'Achat" ! Pouvoir d'acheter plus de produits ou de services avec moins ou autant de revenu. Pouvoir de gagner plus avec moins ou autant de travail.

Mis en perspective avec l'actualité, ces chiffres donnent une idée de la difficulté que la société va rencontrer à faire sa mue écologique. Les pêcheurs sont en première ligne. D'autres bientôt suivront. On se croit "protégé"... mais c'est un leurre. A terme, tout le monde sera impacté violemment par les effets d'une économie qui détruit sans réparer. Sans préparation, sans anticipation, il faut se rendre compte que le basculement d'une société d'abondance à une société de la rareté se fera dans la douleur. L'augmentation du prix du pétrole n'est qu'un signe avant-coureur.

La résistance au changement est une force difficile à combattre chez l'Homme. Si nos priorités n'évoluent pas rapidement, doit-on compter uniquement sur un "Pearl Harbor écologique" dont les conséquences désastreuses permettraient ce "choc de conscience" ? On veut croire que non car les choses bougent. Nous n'avons pas le choix : "branle-bas de combat" POUR l'environnement. 

01 juin 2007

Une nouvelle croissance ?

Le monde s'intéresse aujourd'hui à une problématique évoqué sur nos pages, et qui semble devenir de plus en plus importante : le besoin de définir une autre croissance.

Une série d'article analyse les nouvelles positions sur le sujet, sous des titres qui posent bien le problème : La croissance en question, ou encore les promesses d'une autre croissance. Le journal explore une question qui fait de plus en plus débat aujourd'hui (et même sur croissance-verte).

Le paradigme d'une croissance qui ne tient pas compte des externalités négatives semble de plus en plus bousculé aujourd'hui, par les économistes (cf le rapport Stern), obligeant la Banque Mondiale à revoir sa doctrine. L'institution commence en effet à prendre conscience de l'importance (et de l'intérêt) d'une puissance publique forte (dans certains secteurs) pour assurer le développement économique.

Passage du jetable au durable, relocalisation d'une partie de l'activité (comme la production d'énergie), prise en compte des impacts écologique dans le bilan des entreprises, valorisation du patrimoine naturel dans les comptes publics : les changements sont nombreux et concernent tous les aspects de l'économie. Du discours à la mise en pratique, le chemin risque d'être long, mais selon de nombreuses prospections, les résultats devraient être à la hauteur : réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le batiment devrait contribuer à la création d'un million d'emploi...
 
Comme le demande Anne Michel dans une chronique du 31 mai (signalée dans les commentaires de ce post), Et si la finance sauvait la planète ? 
 
 
[update le 1/06 : ajout du lien vers une chronique] 

17 avril 2007

Le marché du changement climatique

Dans cet article du Monde, on apprend que les secteurs les plus touchés par le réchauffement climatique sont les assurances et les constructeurs automobiles.

Pour les assureurs, l'explication est assez simple : on va vers un monde plus incertain car perturbé et déséquilibré par l'activité humaine. Le risque étant moins prévisible et plus aléatoire, il va mécaniquement entraîner un surcoût des polices d'assurances.
Pour les constructeurs automobiles, c'est plus intéressant : ils sont les boucs émissaires d'une société énergivore; ce que je trouve assez surprenant quand on sait quelle place centrale la voiture tient dans le sentiment de liberté individuelle et l'organisation de cette même société.

Je vous  recommande néanmoins cet article qui s'appuie essentiellement sur l'excellent rapport "The business of climate Change" écrit par John Llewellyn pour la banque Lehman Brothers.

Pour terminer, une citation de l'article qui me paraît particulièrement en phase avec le constat de Croissance Verte. 

"Pour la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, le réchauffement est devenu - avec la mondialisation, l'évolution technologique et le vieillissement démographique - "un des facteurs déterminants qui façonneront inexorablement l'environnement économique des entreprises". "

12 avril 2007

Croissance Verte : Le changement climatique, une chance pour l'économie

medium_enjeux.jpgC'est le titre d'Enjeux Les Echos du mois d'avril dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture.

Une citation : "Le mix énergétique de demain sera varié : cellules solaires, solaire thermique, biomasse, éolien, hydraulique, nucléaire et un peu de conventionnel pour des usages ciblés. Seules les proportions respectives feront débat."

03 avril 2007

Cour de récréation....

On aurait juré qu'après de si beaux discours, de si belles déclarations, et une prise de conscience qu'on croyait générale (puisque bien réelle ici comme là-bas), l'heure était venue de se retrousser les manches, de passer à l'action, en un mot de montrer l'exemple.

 

Las, on découvre (un peu désabusés, disons-le) en lisant lemonde.fr aujourd'hui la dernière trouvaille du monde politique : l'Australie et l'Union Européenne ne trouvent rien de mieux à faire que se quereller par conférences de presse interposées.

 

Qui ne signe pas le protocole de Kyoto (mais veut interdire les ampoules à incandescence), qui n'arrivera pas à tenir ses engagements (mais présente des discours très volontaristes). L'Australie tient donc à démontrer que 7 pays européens ne tiendront pas leurs engagements (en utilisant un rapport de la Commission), et adresse le message suivant : "Mêlez vous de vos affaires".

 

 On pensait vraiment que tout ce petit monde avait des choses plus intéressantes à faire que se chamailler.....

Croissance Verte sur France Inter

medium_logo_franceinter.gifCroissance Verte était l'objet ce matin de la chronique Blog à Part d'Alexandre Boussageon sur France Inter. Cliquez ici pour écouter l'interview de votre serviteur.

08:55 Ecrit par Olivier Bazin dans Revue de presse | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : interview, radio, France Inter

01 avril 2007

Les camions sur des trains : enfin !

 Le monde se fait l'écho de l'ouverture d'une offre de ferroutage qui reliera l'Espagne au Luxembourg.

Alors qu'il coute de 850 à 1000 euros à un camion par la route, ce trajet sera facturé 900 euros via le train 

 Malheureusement, le décalage d'échelle entre la capacité de l'offre et le besoin est stupéfiant. Alors que plus de 1500 camions utilisent l'intégralité du trajet Perpignan-Luxembourg chaque jour, le service n'offrira qu'un capacité quotidienne de 40 camions ! Et il faudra attendre 5 ans pour voir le service augmenter à 10 trains quotidiens. 

 

Pendant que certains, s'opposent à ce mode de transport, réjouissons nous quand même de voir la création d'une offre économiquement viable et écologiquement performante !


 

23 mars 2007

Microsoft et les économies d'énergie

Faisant écho à notre récente note sur les efforts de l'industrie informatique, Microsoft semble avoir découvert les vertus du mode hibernation pour les ordinateurs, nous apprend le site Silicon FR.

"Un PC avec un écran de veille configuré consomme plus d’énergie qu'un ordinateur en mode d'hibernation ou idle (ndlr : ralenti en français)" a déclaré Dean DeWhitt, le directeur de l'équipe Windows Kernel.

Et Microsoft de nous apprendre qu'un appareil électrique en hibernation consomme moins que s'il reste allumé avec un écran de veille, études et chiffre à l'appui.

Miracle (et coïncidence ?), Vista dispose d'un système de veille "hibernation" qui va permettre à tout un chacun d'économiser de l'énergie. On comprend mieux l'intérêt soudain de la compagnie pour ce genre de solution, et son envie de les faire connaître.

Et quand on sait combien de personne vont bientôt utiliser Vista dans le monde (20 millions d'exemplaires écoulés en un mois), on se dit que c'est finalement une assez bonne nouvelle !

 

 

19 mars 2007

"Au fait, c'était quoi le ski ?"

C'est le titre un peu provocateur de cet article du Monde, qui fait le point sur les problèmes des stations (dans les Alpes aussi bien que dans les Rocheuses) face à la diminution de l'enneigement.

 

Nous parlions il y a quelques jours, en évoquant l'engagement des stations des Alpes, de cette problématique. L'article pose le problème de la réponse à ce déficit chronique d'enneigement : les canons à neige ont besoin de températures négatives pour fonctionner (et consomment beaucoup d'énergie). Pour 609 stations européennes bénéficiant aujourd'hui d'un enneigement satisfaisant, seules 400 resteront après une hausse de température de 2°.

 

La réponse imaginée (et évoquée dans l'article) fait d'ores et déja froid dans le dos :  "Confinés en haute altitude, les sports d'hiver du futur seront sans doute plus chers, réservés à une élite dont la consommation sera déployée à l'échelle planétaire". La station du futur "Himalayan Ski Village" devrait ainsi ouvrir ses portes en 2009, afin de contenter la clientèle qui saura "aller chercher la neige là ou elle se trouve" (en avion, sans doute...).