09 novembre 2007

Question de priorité

27a051667b7badd5a76065d8c0f7fdac.jpgLors de sa conférence de mercredi, Lester Brown a évoqué un exemple frappant de changement radical dans l'orientation de l'économie d'un pays : l'attaque de Pearl Harbor en 1942. Selon lui, deux jours avant l'attaque, la priorité des américains était l'emploi. 24h après... c'est la guerre ! En quelques mois, l'économie américaine va se réorganiser, se modifier, se moderniser pour faire face à l'effort de guerre. Avec le succès que l'on sait !!!

Parallèle déconcertant, Le Parisien publie aujourd'hui un sondage dont le résultat est clair : L'environnement n'est pas en tête des priorités en France. Qui règne alors en maître sur les préoccupations des français ?  Le fameux "Pouvoir d'Achat" ! Pouvoir d'acheter plus de produits ou de services avec moins ou autant de revenu. Pouvoir de gagner plus avec moins ou autant de travail.

Mis en perspective avec l'actualité, ces chiffres donnent une idée de la difficulté que la société va rencontrer à faire sa mue écologique. Les pêcheurs sont en première ligne. D'autres bientôt suivront. On se croit "protégé"... mais c'est un leurre. A terme, tout le monde sera impacté violemment par les effets d'une économie qui détruit sans réparer. Sans préparation, sans anticipation, il faut se rendre compte que le basculement d'une société d'abondance à une société de la rareté se fera dans la douleur. L'augmentation du prix du pétrole n'est qu'un signe avant-coureur.

La résistance au changement est une force difficile à combattre chez l'Homme. Si nos priorités n'évoluent pas rapidement, doit-on compter uniquement sur un "Pearl Harbor écologique" dont les conséquences désastreuses permettraient ce "choc de conscience" ? On veut croire que non car les choses bougent. Nous n'avons pas le choix : "branle-bas de combat" POUR l'environnement. 

26 octobre 2007

Grenelle : le nouveau paradigme

Le grenelle de l'environnement vient de se conclure avec éclat. Bien sûr, les annonces devront être jugées sur des éléments concrets, mais il semble bien que ce Grenelle tient  ses promesses. Beaucoup craignaient que cet effort participatif d'un genre nouveau, tiraillé par des forces contraires (syndicats, industriels, ONG, parlementaires) n'accouche que de propositions consensuelles (et donc inutiles, selon les détracteurs). 

193e6f1b000f5cac673ce686a49daf2e.jpgIl n'en est a priori rien, et c'est bien un nouveau paradigme qui est en train de voir le jour. Des décisions qu'il conviendra de préciser (certaines restent floues), mais qui sont pour la plupart courageuses (arrêt du programme autoroutier, effort important sur la qualité énergétique des bâtiments, moratoire sur les OGM) placent désormais les questions environnementales au coeur de la politique publique. Au moment où, comme le signale Philippe Escande dans Les Echos ("Le choc des deux croissances"), la vision classique joue la carte des solutions anciennes (lire l'opinion de Claude Bébéar), un débat participatif incluant la société civile a permis de dégager un consensus sur des idée fortes, et pas forcément agréables. Malgré cela, les conclusions satisfont une grande partie des intervenants, ce qui est en soit un exploit. On notera d'ailleurs que le principe de précaution a bien été validé et assumé par le président de la République. 

Loin d'opposer la croissance économique à l'environnement, les propositions du Grenelle sont autant de pistes pour de nouvelles voies de développement économique, de la création d'une véritable filière bio (grâce à la restauration collective) à la recherche phytosanitaire "propre" pour remplacer les pesticides, en passant par les transports alternatifs ou les énergies renouvelables. Au delà du nécessaire devoir de vigilance sur la mise en place de ces mesures, le lancement de cette "révolution verte" par le premier personnage de l'Etat est déjà un signe fort. Une victoire symbolique et fondamentale pour l'évolution de la société française. Plus que jamais l'économie positive est en marche !

24 octobre 2007

L’économie positive : les solutions pour « réparer la planète »

A l’heure où Jacques Attali se prépare à rendre son rapport à Nicolas Sarkozy sur la « libéralisation de la croissance » (télécharger le rapport d’étape), où le Grenelle de l’environnement (télécharger la synthèse) se prépare également à rendre le sien sur les mesures en faveur de l’environnement, la question de la compatibilité entre ces 2 lots de propositions se pose plus que jamais.

Certains estiment qu’il est impossible de faire converger les objectifs du premier avec les exigences du second. Impossible ? Il faut pourtant bien trouver les solutions. Et les technologies existent : non seulement celles qui permettent de minimiser l’impact de notre activité sur l’environnement mais aussi celles qui vont au-delà et qui « réparent », celles qui génèrent plus d’énergie qu’elles n’en consomment, qui dépolluent l’air, qui produisent des engrais,…

d9cf9b0ec7176bc5b0e4fdbe28acca86.jpgC’est tout l’objet du livre de Maximilien Rouer et Anne Gouyon « Réparer la Planète : la révolution de l’économie positive » qui sort aujourd’hui. L’ouvrage analyse concrètement les clés de la croissance verte, ces innovations capables de rendre notre industrie, nos bâtiments, notre agriculture, nos transports à la fois écologiquement vertueux et économiquement rentables. 

Un forum de discussion est ouvert pour réagir à cette approche et enrichir cette vision résolument « positive ».

Liens : Réparer la planète, BeCitizen, interview d’Anne Gouyon

26 août 2007

La Canada ne respectera pas ses engagements envers Kyoto

0e65eb58533572cc663c88b43dba38d3.gifUn rapport commandité par le gouvernement canadien avait pour objectif de préciser la marche à suivre pour atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 de 6% en 2012 par rapport au niveau de 1990. Le gouvernement avait en effet décidé d'adopter la loi de mise en oeuvre du protocole de Kyoto.
Mission impossible selon le rapport : les émissions seront de 31% supérieures aux objectifs de Kyoto soit légèrement en dessous du niveau actuel. A moins de plonger le pays dans "une profonde récession et une baisse de plus de 6,5 % du PIB par rapport aux prévisions actuelles en 2008, avec une perte nette d'activité économique de l'ordre de 51 milliards de dollars canadiens" sur un an. Les pertes d'emploi sont chiffrées à 1,7 %, alors que les revenus personnels baisseraient de 2,5 % entre 2007 et 2009 et que les prix de l'énergie seraient à la hausse.

N'oublions pas que le Canada est en tête des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES) avec les Etats-Unis et l'Australie par habitant, l'industrie représentant la moitié des émissions.

Les groupes écologiques canadiens et Greenpeace dénoncent la faillite du gouvernement qui confirme ainsi que le Canada ne
respectera pas ses engagements en matière de réduction de GES. Le rapport n'a pas su (ou voulu) donner au pays les clés de la croissance verte.

Source : Business of Green, Le Monde

23:30 Ecrit par Marc-Antoine Franc dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : canada, kyoto, GES, gaz à effet de serre, croissance, PIB

01 juin 2007

Une nouvelle croissance ?

Le monde s'intéresse aujourd'hui à une problématique évoqué sur nos pages, et qui semble devenir de plus en plus importante : le besoin de définir une autre croissance.

Une série d'article analyse les nouvelles positions sur le sujet, sous des titres qui posent bien le problème : La croissance en question, ou encore les promesses d'une autre croissance. Le journal explore une question qui fait de plus en plus débat aujourd'hui (et même sur croissance-verte).

Le paradigme d'une croissance qui ne tient pas compte des externalités négatives semble de plus en plus bousculé aujourd'hui, par les économistes (cf le rapport Stern), obligeant la Banque Mondiale à revoir sa doctrine. L'institution commence en effet à prendre conscience de l'importance (et de l'intérêt) d'une puissance publique forte (dans certains secteurs) pour assurer le développement économique.

Passage du jetable au durable, relocalisation d'une partie de l'activité (comme la production d'énergie), prise en compte des impacts écologique dans le bilan des entreprises, valorisation du patrimoine naturel dans les comptes publics : les changements sont nombreux et concernent tous les aspects de l'économie. Du discours à la mise en pratique, le chemin risque d'être long, mais selon de nombreuses prospections, les résultats devraient être à la hauteur : réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le batiment devrait contribuer à la création d'un million d'emploi...
 
Comme le demande Anne Michel dans une chronique du 31 mai (signalée dans les commentaires de ce post), Et si la finance sauvait la planète ? 
 
 
[update le 1/06 : ajout du lien vers une chronique] 

11 mai 2007

L'environnement comme nouveau relais de croissance ?

A l'occasion de la réunion annuelle de la Commission des comptes et de l'économie de l'environnement, le rapport annuel sur les comptes de l'économie de l'environnement a été dévoilé.

Ce rapport montre que la dépense par la société française en matière de protection de l'environnement continue de croître plus rapidement que la richesse nationale (depuis 1990, 6,0% par an contre 3,4% pour le PIB). Cela est révélateur de la prise de conscience par les Français de l'importance de l'écologie et du développement durable. Aujourd'hui, 1,5% de l'emploi total, c'est-à-dire 374 000 emplois, est lié à l'environnement.

Les comptes de l'économie de l'environnement traduisent aussi la montée en puissance de préoccupations telles que la protection de la biodiversité, de la qualité de l'air ou la lutte contre le bruit. Les dépenses qui leur sont consacrées progressent fortement. Ils soulignent en outre la place importante des investissements. Leur progression rapide ces dernières années reflète la volonté de prévenir le plus possible la pollution à la source et d'améliorer les traitements pour préserver les milieux naturels.

Enfin le rapport indique que l'effort de protection de l'environnement repose, à parts voisines, sur les différentes composantes de la société, ménages, entreprises et administrations publiques.

Vu sur ecologie.gouv.fr 

04 mai 2007

Michel-Edouard Leclerc s'en mèle

Un chef d'entreprise s'engage et s'exprime sur le développement durable. Ce n'est pas encore assez banal pour ne pas le souligner sur croissance-verte. Michel Edouard Leclerc est un précurseur en France en général et dans son secteur enmedium_leclerc_ombre.gif particulier en ce qui concerne la prise en compte des enjeux du développement durable.

Si croissance verte s'interroge encore sur la "durabilité" de cet engagement de la part de la Grande distribution, force est de constater que le fils du fondateur des magasins Leclerc n'hésite pas à mettre en avant son point de vue et des idées assez atypiques dans son milieu.

 On appréciera à sa juste valeur que cet ancien étudiant en philosophie associe développement durable et l'éthique "L'éthique et le développement durable concernent d'abord la vision que l'entreprise a du monde qui l'entoure". Et lui même s'interroge si le développement durable est un effet de mode ou une réalité, rappellant à juste titre que c'est bien le consommateur qui sera au coeur de la réponse : "Les consommateurs interpellent les entreprises sur la sécurité des produits, sur leur qualité, mais aussi sur leur origine".

medium_MELeclerc_001.jpgOn pourra toutefois regretter l'absence totale de réflexion quant à l'évolution du modèle même de la grande distribution. La concentration en un même lieu de tous les types de produits et en très grande quantité a joué de manière déterminante dans l'explosion de la société de consommation en France. Le développement des grandes surfaces a accéléré la disparition des commerces de proximité aux centres villes comme dans les campagnes.

Au coeur du business model d'un hypermarché, il y a le faible coût du transport. Celui des marchandises qui viennent des quatres coins du monde commme celui des clients qui n'hésitent pas à faire 20 minutes de voitures en plus pour quelques euros de moins. Faut il en plus évoquer le système des marges arrières et les pressions sur les fournisseurs ? La course au prix "discount" est elle vraiment compatible avec les exigences éthiques et de développement durable ? Faut il rappeler l'ensemble des externalités négatives qui se cachent derrière un produit vendu en grande surface ?

Si la grande distribution veut réellement contribuer au développement durable, elle ne pourra pas se contenter d'agir à la marge. Il faudra revoir en profondeur son mode de fonctionnement : faire évoluer son activité vers plus de service et de proximité. C'est ce type de piste ou d'idée qu'on aimerait voir développer par un entrepreneur tel que Michel Edouard Leclerc car les chercheurs ne semblent pas plus avoir pris l'ampleur du défi à relever. Car il s'agit bien de ne plus suivre une "tendance"  mais de mettre en place une véritable révolution stratégique fondée sur une vision à long terme de la société et de son environnement. Monsieur Leclerc, nous sommes toute ouïe !

10 avril 2007

Vers une responsabilisation des comportements de consommation

Toujours selon l’étude Les Echos vue précédemment (mars 2007), à la question « Dans vos choix actuels de produits ou de services offerts par les entreprises, diriez-vous à propos de ces questions de développement durable et de respect de l’environnement que … ? »

  • Pour 47% d’entre eux  « vous commencez à y réfléchir de plus en plus lorsque vous achetez » => les suiveurs 
  • Pour 30% d’entre eux  « c’est un critère que vous prenez déjà fortement en compte, vous y pensez très souvent » => les consom’actifs 
  • Pour 23% d’entre eux « vous êtes sensible à l’environnement et au commerce équitable, mais franchement vous n’y pensez pas, ou peu, lorsque vous achetez des produits ou services » => les passifs 
medium_LESECHOS2.png

L'écologie est compatible avec la croissance selon les français

A l’occasion de la Conférence Les Echos , FEDERE 2007, deux études ont été menées en février auprès des français et des entreprises sur le thème du développement durable. Sur la première, on y apprend notamment que :

  • En quelques années, la thématique du développement durable s’est hissée à hauteur des grands enjeux majeurs des prochaines années. 91% des Français sont désormais préoccupés par la protection de l’environnement (dont 45% « très préoccupés »). 
  • L’opinion publique, convaincue que les entreprises ont un rôle à jouer, commence certes à entendre parler de leurs actions (59%), mais estime que leur mobilisation est insuffisante.
  • Les PME sont plus crédibles que les grandes entreprises en matière de protection de l’environnement. 70% des français font confiance dans les PME pour relever les défis liés à la protection de l’environnement, ils ne sont que 33% à accorder leur confiance aux grandes entreprises.
  • Le développement durable et le respect de l’environnement sont perçus comme compatibles (voire bénéfiques) avec les impératifs économiques : ce n’est pas en tant que philanthrope, mais bien en tant qu’acteur économique rationnel que l’entreprise peut communiquer sur ses engagements.

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30 mars 2007

Qui sont les champions de l'Economie Positive ?

"Les Trophées de l’Économie Positive récompenseront désormais chaque année les entreprises qui transforment les enjeux majeurs de notre époque (instabilité climatique, accroissement structurel du prix de l’énergie, 4 milliards de personne vivant avec moins de 2$ par jour…) en opportunités de développement, en créant de nouveaux produits, services ou business models originaux. Ces innovations ont pour particularité de créer de la croissance avec et pour tous et de restaurer l’environnement." (source : Actualités News Environnement)

Les tout premiers lauréats sont 2 sociétés tout à fait prometteuses économiquement compte tenu des enjeux technologiques et du bénéfice direct pour l'environnement qu'elles représentent :

  • Ocean Power Delivery, première centrale commerciale générant de l’électricité à partir de l’énergie des vagues, construite au large du Portugal en 2006
  • Precious Woods, inventeur d'un mode de production du bois qui régénère les forêts tropicales

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