26 octobre 2007

Grenelle : le nouveau paradigme

Le grenelle de l'environnement vient de se conclure avec éclat. Bien sûr, les annonces devront être jugées sur des éléments concrets, mais il semble bien que ce Grenelle tient  ses promesses. Beaucoup craignaient que cet effort participatif d'un genre nouveau, tiraillé par des forces contraires (syndicats, industriels, ONG, parlementaires) n'accouche que de propositions consensuelles (et donc inutiles, selon les détracteurs). 

193e6f1b000f5cac673ce686a49daf2e.jpgIl n'en est a priori rien, et c'est bien un nouveau paradigme qui est en train de voir le jour. Des décisions qu'il conviendra de préciser (certaines restent floues), mais qui sont pour la plupart courageuses (arrêt du programme autoroutier, effort important sur la qualité énergétique des bâtiments, moratoire sur les OGM) placent désormais les questions environnementales au coeur de la politique publique. Au moment où, comme le signale Philippe Escande dans Les Echos ("Le choc des deux croissances"), la vision classique joue la carte des solutions anciennes (lire l'opinion de Claude Bébéar), un débat participatif incluant la société civile a permis de dégager un consensus sur des idée fortes, et pas forcément agréables. Malgré cela, les conclusions satisfont une grande partie des intervenants, ce qui est en soit un exploit. On notera d'ailleurs que le principe de précaution a bien été validé et assumé par le président de la République. 

Loin d'opposer la croissance économique à l'environnement, les propositions du Grenelle sont autant de pistes pour de nouvelles voies de développement économique, de la création d'une véritable filière bio (grâce à la restauration collective) à la recherche phytosanitaire "propre" pour remplacer les pesticides, en passant par les transports alternatifs ou les énergies renouvelables. Au delà du nécessaire devoir de vigilance sur la mise en place de ces mesures, le lancement de cette "révolution verte" par le premier personnage de l'Etat est déjà un signe fort. Une victoire symbolique et fondamentale pour l'évolution de la société française. Plus que jamais l'économie positive est en marche !

24 octobre 2007

L’économie positive : les solutions pour « réparer la planète »

A l’heure où Jacques Attali se prépare à rendre son rapport à Nicolas Sarkozy sur la « libéralisation de la croissance » (télécharger le rapport d’étape), où le Grenelle de l’environnement (télécharger la synthèse) se prépare également à rendre le sien sur les mesures en faveur de l’environnement, la question de la compatibilité entre ces 2 lots de propositions se pose plus que jamais.

Certains estiment qu’il est impossible de faire converger les objectifs du premier avec les exigences du second. Impossible ? Il faut pourtant bien trouver les solutions. Et les technologies existent : non seulement celles qui permettent de minimiser l’impact de notre activité sur l’environnement mais aussi celles qui vont au-delà et qui « réparent », celles qui génèrent plus d’énergie qu’elles n’en consomment, qui dépolluent l’air, qui produisent des engrais,…

d9cf9b0ec7176bc5b0e4fdbe28acca86.jpgC’est tout l’objet du livre de Maximilien Rouer et Anne Gouyon « Réparer la Planète : la révolution de l’économie positive » qui sort aujourd’hui. L’ouvrage analyse concrètement les clés de la croissance verte, ces innovations capables de rendre notre industrie, nos bâtiments, notre agriculture, nos transports à la fois écologiquement vertueux et économiquement rentables. 

Un forum de discussion est ouvert pour réagir à cette approche et enrichir cette vision résolument « positive ».

Liens : Réparer la planète, BeCitizen, interview d’Anne Gouyon

19 octobre 2007

Une chance à saisir

44ca488633d7a5fb2e84722ccc7683a4.png1972. En Janvier, le Club de Rome publie le rapport  " Halte à la croissance". En juin, les Nations Unies organisent à Stockholm la première conférence internationale sur l’environnement. En Décembre le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) est lancé. La prise de conscience de la contrainte environnementale et notamment de ses enjeux économiques vient de naitre et la question se pose : faut-il remettre en cause notre mode de développement ? Près d’un quart de siècle plus tard, la question ne se pose plus pour Monsieur Borloo :  " Il faut trouver une autre croissance ". 

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12 octobre 2007

Pour un développement durable des PME

e9d32afcaf026b49d8502c826688b6da.jpgLe développement durable n'est pas un luxe que seules les grandes entreprises pourraient s'offrir afin d'améliorer leur image de marque. Il s'agit avant tout de remettre en cause un système de production dont les PME sont des acteurs inévitables. De ce point de vue, les PME ne pourront pas faire l'économie d'une réflexion en profondeur quant à leur volonté de relever les défis que l'environnement leur impose. 

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05 octobre 2007

... et au Sénat

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Le Sénat : Après une intervention de Mr Borloo similaire à celle réalisée à L'Assemblée, le "débat" organisé au Sénat a plus tenu de la réunion d'information que d'un véritable échange d'arguments. L'objectif était visiblement de mettre à niveau les sénateurs sur les conclusions des 6 groupes de travail (et des deux intergroupes).

Les sénateurs impliqués dans le Grenelle de l'environnement se sont chaudement félicités de la qualité des débats, de l'intérêt des problématiques soulevées et de leur investissement "majeur" dans le processus. en apparence, tout le monde semble d'accord et les sénateurs ne font pas exception à la règle. Pourtant, là encore, si les grandes paroles fleurissent pour s'"émerveiller" de la prise de conscience des Français, rien ne sort vraiment sur les actes. Malgré l'absence réelle de débat, on sent comme un double langage se profiler : il y a bien adhésion aux impératifs du développement durable mais à condition de ne pas remettre en cause le "pouvoir d'achat", "l'emploi" et  la "croissance qui assure aujourd'hui aux français leur niveau de vie.".

Seuls les sujets qui fâchent (les OGM et le Nucléaire, pourtant hors débat) font l'objet de "mise en garde" et de "rappel pour information". Tous les intervenants ont salué le rôle du nucléaire dans le "relativement faible" taux de production de CO2 en France. En un mot : "D'accord pour tout mais pas touche à mon nucléaire". Pour les OGM, le débat à venir sur un éventuel moratoire risque d'être animé. On sent que le conflit d'intérêt entre les "intérêts de la recherche française et de son agriculture" d'un côté et "du principe de précaution" invoqué par les ONG au nom d'une opinion publique majoritairement hostile, se traduit chez les sénateurs par une obscure confusion.

Impliquer le parlement au Grenelle:  ça, c'est fait ! Les choses sérieuses commenceront vraiment lorsqu'il faudra voter une loi cadre qui mette en place un réel accompagnement d'un changement d'orientation de notre mode de développement. Est ce que le parlement aura vraiment son mot à dire ? C'est à ce moment là qu'il faudra être vigilant. 

 

Le Grenelle s'invite à l'Assemblée...

f40079ba50c4573fe8d65c4de68cd12a.jpgCroissance Verte a  pu assister aux plénières de la présentation du rapport des 6 groupes de recherche au parlement (Assemblée le 3 octobre et Sénat le 4 octobre). Ce fut l'occasion pour nous de mesurer les réactions des élus face à ce phénomène un peu particulier au sein d'une démocratie que représente le Grenelle de l'environnement.

L'impression générale est que le Ministère de l'Environnement (MEDAD) peut se féliciter d'avoir su faire travailler de concert des parties prenantes ayant a priori peut de choses en commun. Le travail effectué par les 300 personnes réunies pour l'occasion est colossal et est déjà en soit une petite victoire, un "essai qu'il faudra transformer". 

 Les premières conclusions, selon le MEDAD gravitent autour des trois points suivants :
- Personne ne détient la vérité absolue : nul ne peut dire avec précision comment sera la Terre d'ici 10, 20 ou 100 ans, et ce malgré les nombreux modèles élaborés pour l'occasion.
- En conséquence de quoi, il n'y a pas de solutions uniques. Si les technologies peuvent aider, elles ne résoudront pas tout, que ce soit au niveau du bâtiment (isolation, habitations à énergie positive, etc.), de l'agriculture (pesticides, etc.), de l'énergie (énergies nouvelles, etc.).
- Toute action menée doit être collective et les sujets doivent être traités dans un même temps, afin de ne pas voir les efforts d'un secteur annulé par la négligence d'un autre.

Enfin, une croissance durable est possible, et un des objectifs du Grenelle est de trouver les méthodes permettant de l'atteindre.

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14:45 Ecrit par Olivier Teillac dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, assemblee, borloo

30 septembre 2007

Borloo reçoit Bloomberg au MEDAD : Compte-rendu

432ca6f55f1ac6b672be446617387689.pngCroissance Verte (parmi d'autres bloggeurs) a pu assister au débrief de la rencontre "express" (30 minutes !) de Jean-Louis Borloo et Michael R. Bloomberg ce samedi 29 septembre.
En toute logique, la discussion s'est focalisée sur l'environnement, et ce à deux niveaux :
- celui de la ville, où ils ont pu échanger leurs conclusions. M. Bloomberg, qui avait rencontré M. Dlanoë plus tôt dans l'après-midi, en a profité pour remettre à notre ministre le  PlanYC - A Greener Greater New York, document d'une centaine de pages qui développe la politique verte de NY à travers 6 parties : Land, Water, Transportation, Energy, Air, Climate change.
- celui de la Nation, où les noms de "Grenelle de l'Environnement" et "Protocole de Kyoto" ont été énoncés.

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19:50 Ecrit par Olivier Teillac dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle, Borloo, Bloomberg, PlanYC, Kyoto, MEDAD

30 août 2007

Une stratégie nationale de développement durable

Alors que le Grenelle de l'Environnement va bientôt se tenir à Paris, il semble utile de rappeler que l'Etat n'a pas attendu le pacte écologique de Nicolas Hulot pour lancer des actions dans le domaine. La réflexion ne part pas de zéro. Une feuille de route existe déjà.

Sous l'impulsion de l'Europe, l'Etat Français s'est en effet doté dès 2003 d'une Stratégie nationale de Développement durable. "Son but est de donner au développement durable une dimension majeure au sein de la politique gouvernementale et de l'intégrer dans l'ensemble des politiques publiques." (Wikipedia.org)

2a869574144e6f8ff79cc7de8995e759.jpgIl sera essentiel de suivre quelles améliorations ou évolutions de cette stratégie nationale seront décidées à la suite du Grenelle de l'environnement. L'impact sur les réglementations mais surtout les fonds d'orientations devrait être significatifs à l'heure où un consensus semble atteint : Le temps de l'action est venu ! Car, au delà de l'orientation, c'est bien d'un programme d'actions qu'il s'agit de renforcer.

Le constat scientifique a permis la mobilisation de l'opinion publique. Le politique semble enfin en prendre la mesure. Il n'est que temps pour le monde des entreprises de s'impliquer et de se mettre à table ! 

30 juin 2007

Intervention de M. Jean-Louis BORLOO : stratégie et orientations du ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables

f986f889cf8ba363533a03e6caf35d41.jpgJean-Louis Borloo a tenu hier sa première grande conférence de presse où il a présenté la stratégie et les orientations de son ministère de l'écologie, du développement et de l'aménagement durable (MEDAD). En substance, le ministre précise que les engagements qu'il tiendra devront répondre à triple exigence :

  • Une exigence de responsabilité face à la prise de conscience collective envers le réchauffement climatique et ses conséquence, qui consistera à fédérer les initiatives éparses grâce à un grand projet commun
  • Une exigence de compétivité économique en rappelant que les entreprises qui produiront « propre » seront les entreprises leaders sur leur marché. Ce sont elles qui créeront les emplois de demain.
  • Une exigence de solidarité vis-à-vis des plus pauvres qui sont les 1ères victimes de la raréfaction des ressources.

Certes, il n'oublie pas de rappeler que la France se situe parmi les bons élèves en matière d'écologie avec des émissions de CO2 par habitant qui sont inférieures de 30% à 50% à celles de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Elles sont le tiers de celles des Etats-Unis. Il précise que la France est le 1er producteur européen d’énergies renouvelables et qu'elle a déjà dépassé ses objectifs de stabilisation des émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990 : elles sont déjà inférieures d’environ 2% à celui de 1990. Alors que sur la même période, la croissance économique a été de 25%.

Cependant, il ne faut pas se voiler la face : l’essentiel des efforts à accomplir reste devant nous. Et les 1ères mesures concerneront prioritairement les transports puis l'énergie. Le "Grenelle de l'environnement" fixera également la marche à suivre pour l’Etat, les collectivités locales, les ONG, les employeurs et les salariés à travers un plan d'actions qui engagera toutes les parties.

Vous trouverez l'intégralité du discours dans la suite du billet.

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28 juin 2007

Le développement durable, c'est "renouveler le contenu de la croissance"

Lors de son son allocution devant les parlementaires la semaine dernière, Nicolas Sarkozy a défini le développement durable comme une "politique de production" qui ne doit pas remettre en cause la croissance dans son sens premier de création de richesse. En revanche, et toujours selon ses termes, elle doit en changer le contenu pour y mettre "la qualité, la modération et le bien-être".

"Il nous faut une nouvelle politique d'aménagement du territoire, une nouvelle politique industrielle. Mais au cœur de ces priorités, je veux placer le développement durable. Le développement durable, cela ne doit pas être seulement une politique de protection et de précaution. Je vais peut-être vous étonner. Le développement durable, cela doit être une politique de production, qui ne soit pas simplement un frein à la croissance quantitative mais qui doit renouveler le contenu de la croissance, qui doit mettre la qualité, la modération et le bien-être au cœur de cette nouvelle croissance et qui va tirer la croissance, qui va même stimuler la croissance."

5cf021785fe8dd84a4912f6f044cf703.jpgEt c'est désormais à Jean-Louis Borloo, ancien membre du parti écologique Génération Ecologie, de définir les conditions d'une croissance verte qui doit stimuler toujours l'économie de la France sans mettre en péril les ressources de générations à venir. Le prochain rendez-vous du ministre d'état voulu par son président : le Grenelle de l'environnement qui réunira à la rentrée prochaine les partenaires sociaux, les organisations syndicales et patronales, des associations de la société civile et des collectivités territoriales sur le thème de l'environnement. Ces états généraux devront aboutir à une forme de contrat entre l'État, les collectivités territoriales, les syndicats, les entreprises et les associations, qui engage les responsables. Ces contrats pourraient porter sur une période de cinq ans avec une évaluation annuelle des engagements.