24 janvier 2008

Plus de quotas contre des emplois ?

087de6236259c7140118869f15cf058b.jpgC'est le terrible marché que tente de passer ArcelorMittal en Belgique: la compagnie réclame des droits d'émettre du CO2 contre la réouverture du site de Seraing, dans la banlieue de Liège (article du Monde). Légitimement concerné par la sauvegarde de 2000 emplois directs, le gouvernement Belge a mis en place en décembre un groupe de travail sur la question.

 

La commission européenne, sollicitée par l'état fédéral belge, reste pour le moment inflexible et juge que le système actuel est assez souple pour permettre aux entreprises de bénéficier de quotas en cas de besoin.

 

Le débat jusque là uniquement théorique posé il y a quelques temps (voir nos différents articles à ce sujet) prend donc brutalement forme et frappe de plein fouet la réalité économique et sociale d'une région. Le dumping environnemental est bien une (triste) réalité... Ce marchandage (et l'opposition ainsi réalisée entre défense de l'environnement et croissance ) ne devrait pas améliorer l'image du système des droits à polluer qui, s'il est améliorable, reste un outil essentiel dans la gestion des émissions de Gaz à Effet de serre.

 
En attendant, la région wallonne espère que l'état fédérale financera l'achat de quotas pour ArcelorMittal. La subvention sur les quotas de droits à polluer est-elle le prochain champ de bataille pour la compétitivité économique des territoires ? 
 

10 janvier 2008

Le retour du charbon : une menace pour les ENR

Sur le marché des combustibles (hors transport), certaines ressources fossiles restent très compétitives et freinent encore le développement des énergies renouvelables. C’est le cas du gaz sur les marchés à forte régulation comme la France mais pour combien de temps ? Avec la libéralisation du secteur en Europe et l’envolée du brent, le prix du gaz est promis à la même augmentation dans les prochaines années.

En revanche, le charbon particulièrement bon marché sonne son grand retour faisant barrage à l’ascension des biocombustibles. Au point que des technologies se développent pour convertir le charbon à un usage transport à travers un procédé de liquéfaction. Ce procédé permettrait même la production de carburant à 45$ le baril équivalent pétrole.

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Développement du marché mondial du charbon Source : Ritschel/Schiffer 2005

Comment contrer ce phénomène ?

Seuls mécanismes d’allocation de quotas d’émission de CO2 permettraient de dissuader les principales industries émettrices (production d'électricité, sidérurgie, raffinage, ciment, etc.) de conserver voire d’opter pour le charbon. Encore faut-il que le coût de la pénalité sur les émissions de CO2 pour les entreprises soumises à quotas soit suffisamment élevé pour justifier le passage à des énergies de substitution. En 2007, le prix de cette pénalité était de 40€ / t de CO2. Ce tarif ne renchérissait pas suffisamment les ressources fossiles au profit du renouvelable. Mais sur la période 2008-2012, cette pénalité passe à 100€ / t de CO2, ce qui laisse entrevoir des perspectives intéressantes pour les énergies biomasse.