07 juin 2009

"Home", et après ?

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Impossible ce 5 juin de rater "Home", l'évènement planétaire marquant la célébration de la journée mondiale de l'environnement. Mais quelle opinion de faire sur cet objet consensuel ?

Si les images sont indéniablement magnifiques (contrairement à d'autres, les Français avaient déjà tout vu sur France 2), le message semble manquer la cible. Difficile de concilier l'immédiate beauté de paysages sublimes avec la complexité d'un problème à la croisée des sciences physiques, de l'économie, de la sociologie, mais surtout (et on l'oublie trop souvent) de la politique !

D'autant que le film n'arrive pas à sortir d'un discours simpliste, dénonçant par exemple à la fois les suburbs et les gratte-ciels, occultant les problématiques sociales et le droit au développement pour parfois glorifier un état de nature forcément meilleur (belles images africaines ou sud américaines). Reconnaissons à Yann Arthus-Bertrand de réussir magnifiquement à faire passer le message d'une terre à conserver, d'un écosystème menacé par l'activité de l'homme. Mais malgré un pessimisme à la limite du tragique ("seule la décroissance sauvera la planète", reconnait le photographe), le film se termine sur une ultime concession à un douteux optimisme scientifique.

Il est sans doute plus facile de conclure un beau livre d'images par quelques faciles déclarations enthousiastes plutôt que par un terre-à-terre (et sordide) rappel des devoirs de chaque individu devant le danger (pourtant décrit en long et en large pendant tout le film). Chaque spectateur doit donc trouver tout seul des pistes d'action pour enrayer le mal. Malheureusement le recyclage des déchets ou le tri sélectif  ne font de belles images vus du ciel.